Crédit photographique : Bibliothèque de l’Institut de France 

ET
3214 réponses

Sélectionner par

• Année
Sans date
1760
1770
1780
1790
→ Aucune sélection

• Marques postales
Non
Oui
→ Aucune sélection

• Type de contenu
Description du papier
Image du filigrane
Transcription
Transcription & papier
→ Aucune sélection

1541/3214 results        
Notice
Identification et lieu de conservation
IDC1549
TitreCondorcet à Maurepas, Phelypeaux de Ponchartrain, comte de, Jean Frederic - [juin ou début juillet 1774] (Paris, Bibliothèque de l’Institut de France / Ms 870, f. 161-165.)
Pour citer ce documentCondorcet à Maurepas, Phelypeaux de Ponchartrain, comte de, Jean Frederic - [juin ou début juillet 1774] (Paris, Bibliothèque de l’Institut de France / Ms 870, f. 161-165.)
Document de référenceOui
Statut éditorialLettre retenue
Nature du documentCopie corrigée
Lieu de conservationParis, Bibliothèque de l’Institut de France
CoteMs 870, f. 161-165.
Note(s) identification
et lieu de conservation

Il est vrai que ce document s’apparente à un texte manuscrit et ne comporte pas de formule de politesse finale qui caractérise la forme épistolaire – pas plus qu’une indication de lieu et de date. Mais sa première phrase s’inscrit en revanche sous cette forme. D’autre part, on peut supposer que ce document était la copie non pas d’une lettre originale mais d’un brouillon de lettre : il aurait été ensuite à nouveau copié et Condorcet aurait ajouté de sa main le lieu, la date et la formule de politesse. Le document ainsi constitué, ayant bel et bien la forme d’une lettre, aurait été envoyé à Maurepas. On rencontre d’ailleurs dans la correspondance de Condorcet plusieurs lettres de la main d’un secrétaire avec des additions autographes, justement relatives au lieu, à la date et à la formule de politesse. Enfin, ranger ce document parmi les manuscrits de Condorcet en le qualifiant de « mémoire » pourrait laisser imaginer, à tort, qu’il était accompagné d’une lettre qui n’aurait pas été retrouvée. Pour ces raisons, nous avons choisi de le répertorier au sein de la correspondance de Condorcet.

Interventions
Expéditeur(s) et destinataire(s)
Instrument d’écriturePlume trempée dans l’encre noire
Dates
Date indiquée par le scripteur[non]
Datation[juin ou début juillet 1774]
Date de trivendredi 1 juillet 1774
Travail de datation achevéOui
Papier et cachet
Identifiant MUSEUC185UD87UCd4904
Description du papier issue de Muse

Description occurrence :
Ff. début/fin : 161-165. Type de papier : BIF135.

Description référence :
Type de papier : BIF135. Vergé écru, assez lisse. Épaisseur : 0,142 mm. Dimensions feuille entière :340 x 430 (rogné). Filigrane : Marque : Armes d’Orange, double croix de Saint-André avec initiales “D & C / B” sur un écu entouré de lambrequins ornementaux et sommé d’un arbre (oranger). Contremarque  : D & C BLAUW. Ecart lignes de chaînettes : 25-26mm.

Textes

Transcription

[161 r] L’Interêt que vous avés toujours pris aux progrès des sciences, et dont vous leur avés donné tant de marques éclatantes, me fait espérer, Monsieur Le Comte, que vous recevrés avec bonté un projet dont Je crois l’Execution très simple et Les avantages très Étendus.

Un objet également intéressant pour les sciences et pour la nation, serait une Connaissance plus parfaite de la Géographie phisique de la France.

En Examinant les différentes Especes de montagnes et les substances qui les forment, les mines qui s’y rencontrent, les Eaux minéralles qui en sortent, la Chimie et l’histoire naturelle s’enrichiraient d’observations importantes tandis que le Commerce et les arts acquereraient de nouvelles [161 v] ressources.

Si La botanique négligée dans toutes les provinces, excepté aux Environs de Montpellier était cultivée dans toute la France, les médicamens à L’usage du peuple en deviendraient moins Couteux et l’on trouverait que des plantes utiles aux arts et que nous sommes obligés de tirer des pais étrangers, ou croissent dans nos pais ou peuvent être remplacées par des Especes indigenes.

La Science météorologique, science Si importante et qui est encore au berceau ne peut faire de progrès, S’il n’y a point de phisiciens répandus sur toute la surface d’un grand pais et occupés de faire des observations correspondantes entre Elles. Aussi maintenant ignore-t-on mêmes les bornes des phœnomênes météorologiques, on ne sait ni si ces bornes Sont constantes, ni de quoi Elles dépendent <. Aussi> ; et1 quelques remarques sur le rapport des hauteurs du Baromêtre et de la position de la lune, et sur le rapport des mêmes hauteurs du Barometre, avec L’Élévation du lieu de L’Observation Sont Elles tout ce que ce siecle a ajouté à ce que les phisiciens [162 r] du dernier avaient observé sur la marche du Baromêtre.

Il n’y a d’astronômes en France qu’à Paris, et il vaudrait bien mieux qu’ils pussent observer le Ciel Serein et brillant du Languedoc et de la Provence. C’est sous un beau Ciel Cette2 Science a pris naissance, ce n’est que Sous un beau ciel quelle pourra faire ses derniers pas vers la perfection. Cela serait d’autant plus à desirer, qu’il y a des ouvrages, tels que des catalogues d’Etoiles, des tables de la lune pour lesquels L’Avantage d’avoir un beau ciel est inaprétiable et que d’ailleurs tous les astronômes de L’Europe sont dans le pais des brouillards, Car les Italiens et les Espagnols Se sont plus occupés d’aller au Ciel que de l’observer.

Si les sciences ne sont point cultivées dans nos provinces autant que L’utilité publique le demanderait, Ce n’est pas qu’il ne s’y trouve des gens Eclairés, mais c’est qu’ils manquent d’Emulation. Ainsi ceux qui s’y livrent, aux Sciences, s’en occupent pour remplir le tems, plustot que pour acquerir de la gloire, et leurs etudes les rendent heureux, sans les rendre utiles. D’autres dont aucune [162 v] circonstance n’a pu éveiller le génie sont perdus pour l’humanité, et un petit nombre nés avec plus de talens ou d’ardeur, viennent à Paris, ou souvent la necessité de S’occuper de leur subsistance, étouffe leur talent et 3 leur tems.

Combien n’y aurait il pas à gagner pour les sciences, si 4 tous ceux du moins qui ont recu une Education libéralle et qui ont des dispositions aucun pour ainsi dire, ne 5 la terre qu’après avoir fait tout ce qu’il pouvait faire. Et ne serait il pas également utile de Conserver aux provinces des hommes de mérite qui vu Le peu de dissipation qui y regne, pouraient en même tems y cultiver les sciences et y remplir dignement des charges, judiciaires ou municipales.

Voici maintenant, Monsieur le Comte le projet que Je crois capable de ranimer l’Emulation dans les provinces. Ce serait d’Etablir entre les académies de province et celle de Paris, une Correspondance suivie avec ces conditions.

1.° Que les membres ordinaires de Chaque académie [163 r] de province auraient dans Ses voiages à Paris, le droit d’assister à nos seances, Droit qu’ils perdraient du moment qu’ils acquereraient à Paris un Domicile de fait ou de Droit.

2.° Que Chaque academie Enverrait à celle de Paris, tous les trois mois ou plus souvent Les mémoires lus dans Ses assemblées et les observations en 6 genre.

3.° Que L’Académie de Paris ou un de ses Comités choisirait entre les mémoires les plus importans qui Seraient imprimes sur le champ, avec ceux des Correspondans Etrangers ; Car L’Impossibilité ou sont les savans des provinces de publier promptement leurs découvertes, est surtout ce qui eteint toute Emulation parmi eux.

4.° Que ce qui ne serait que simples observations, Serait publié par L’académie de Paris tous les trois mois au moins, et qu’on y joindrait une notice des ouvrages composés par les membres de celles de province, ou présentés à L’Académie de Paris, sans que [163 v] dans ce recueil, il fut permis de parler d’aucun autre livre.

5.° Que L’Academie de Paris enverrait à chacune des autres un programe des observations les plus importantes à faire dans la province, des travaux utiles dont on pourrait s’y occuper ; mais L’Académie de province conserverait la liberté de se conformer ou non au vœu de Celle de Paris. Et comme L’art de faire des analyse [sic] chimiques et des observations météorologiques est encore trop peu connu, L’académie de Paris se 7 de publier à part deux mémoires étendus sur ces objets et les8 ferait dresser par un Comité.

6.° Le secrétaire de L’Académie de Paris s’engagerait à informer chaque secretaire des academies de province de tout ce que la Correspondance avec les Étrangers lui apprendrait de Choses intéressantes pour les sciences.

7.° Chaque académie de province enverrait à celle de Paris un mémoire de la vie et des ouvrages de Ses membres morts dans L’année, et le secretaire d’après ce mèmoire donnerait dans ses préfaces, une [164 r] notice relative à ceux d’Entre eux qui se Seraient le plus distingués.

Je ne crois pas que ce projet puisse blesser L’Académie de Paris, à qui elle accorde une Espece d’Inspection ; il n’y a que le secretaire qui pourrait se plaindre d’un surcroit de travail ; mais ils sont deux, et il y en a un qui ne craint rien tant que de n’avoir rien à faire.

Quant aux académies de province, Je doute que cette association leur deplaise. L’Egalité y est conservée éxcepté que le Choix des mémoires à imprimer est réservée [sic] à L’Académie de Paris, et si Surtout on en charge un comité particulier ou celui que nous appelons de la librairie, L’amour propre de Chacun sera à couvert.

Ce projet ne coutera rien, ce qui est un grand point. Il sera aisé de faire passer toute La Correspondance par les bureaux du Ministre de L’Académie. À la vérité Cette Correspondance demanderait que le secrétaire de Paris eut un commis particulier [164 v] Chargé de Ce travail ; mais en cédant à un libraire le privilege du volume et du Journal d’observation pour un Certain nombre d’années, il consentirait Surement à payer les appointemens du Commis.

Nous avons deja en France, un assez grand nombre d’académies des sciences. Celles de Bordeaux, de Rouen, de Lyon, de Marseille de Montpellier, de Dijon, de Nismes &c., et il s’en formerait sans doute de nouvelles.

Comme Cet arrangement ne change en rien la Constitution de L’academie des sciences puisque par son institution elle est chargée d’Examiner les mémoires qui lui sont présentés et qu’ainsi on ne lui demande que de preter Son privilege et son secretaire, ce qui lui est fort indifferent, Je crois qu’il serait inutile de la Consulter Sur le fond de ce projet, L’article seul d’accorder le Droit d’assister aux séances ne devrait être reglé que d’après L’avis de L’académie, ou même devrait avoir L’air d’Etre accordé [165 r] par Elle.

Quant aux sociétés de Province, Je crois qu’il serait indispensable d’avoir Leur consentement, La pluspart se sont formées librement, et ce serait aller contre le but du projet que d’en dégouter les membres aulieu de ranimer L’Emulation parmi Eux. La société de Montpellier a déja été associée à L’Académie de Paris ; ainsi il ne faudrait la consulter que sur le Changement à faire dans la forme de cette association. Elle perdrait le droit de faire imprimer un mémoire dans le Volume des nôtres, mais ses membres y gagneraient celui d’avoir un moyen très prompt de Communiquer leurs découvertes tandis que depuis l’Etablissement en 1707, ils n’ont pu même publier qu’un Volume de mémoires.

Chaque Académie aurait besoin d’un observatoire, [165 v] d’un Cabinet d’histoire naturelle formé avec les productions de la province, d’un laboratoire de Chimie, d’une biblioteque, mais je ne crois pas que Le Gouvernement doive entrer dans ces dépenses. C’est aux provinces, aux villes, ou9 personnes en place, aux propriétaires des grandes terres, aux académiciens riches, à faire ces10 Etablissemens, C’est au secretaire de Paris à avoir assez de zele et de talens pour leur en faire naitre le gout, mais il ne peut répondre que de son zele11.


1 Cette correction est de la main de Condorcet.

2 Cette correction semble être de la main du copiste.

3 Cette correction semble être de la main de Condorcet.

4 Cette correction est de la main de Condorcet.

5 Idem.

6 Cette correction semble être de la main de Condorcet.

7 Cette correction est de la main de Condorcet.

8 Idem.

9 Il faut lire aux.

10 Le copiste avait laissé ici un espace vierge, où Condorcet a écrit ces.

11 de son zele a été complété par Condorcet.

Manuscrit

Support d’écriture : cahier in-4°. Vergé écru, assez lisse. Épaisseur : 0, 141 mm. Dimensions (plié) : 214 x 169 mm. Filigrane : Marque : Armes d’Orange : écu portant des armoiries à double croix de Saint-André, avec les initiales « D & C B » intercalées, sommé d’un oranger et entouré de rinceaux ornementaux. Contremarque : « D & C Blauw ». Écart des lignes de chaînette : 25-26 mm.

Type de papier : BIF 135.

Inscription allographe au crayon, de la main d’É. O’Connor : « Academies de province Je crois (pr [?] l’etude de la géographie [)] » (f. 161r).


1541/3214 results        

                               

Reponsable du projet : Nicolas Rieucau. Université Paris VIII.
Projet financé par l'Agence National de la Recherche (ANR)
Hébergement du site : TGIR Huma-Num

© 2016 - 2019 Laboratoire d’économie dionysien

Dernière mise à jour: jeudi 27 février 2020 (16:08) +
Rendu de la page en 0.033s