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Notice
Identification et lieu de conservation
IDC1347
TitreAntoine François ROBERT aux membres de l'Académie des sciences de Paris - 20 août 1784 (Paris, Archives de l’Académie des sciences / Pochette de la séance du 21 août 1784)
Document de référenceOui
Statut éditorialLettre retenue
Nature du documentOriginal
Lieu de conservationParis, Archives de l’Académie des sciences
CotePochette de la séance du 21 août 1784
Intervention(s)
Expéditeur(s) et destinataire(s)
Instrument d’écriturePlume trempée dans l’encre noire
Dates
Date indiquée par le scripteur20. août 1784.
Datation20 août 1784
Lieux
Lieu d'écriture indiqué par le scripteurVern près Genolhac en Cevennes
Lieu d'écriture rétabli ou normaliséVern
Lieu d'écriture indexé
Lieu de destination indiqué par le scripteurA Messieurs
Messieurs de l'Académie royale des sciences
A Paris
Lieu de destination rétabli ou normaliséParis. Académie des sciences
Lieu de destination indexé
Papier et cachet
Description sommaire du papier

Bifeuillet in-4°, vergé écru, filigrané, suivi d'un feuillet in-4°, vélin à lignes de chaînettes écru, filigrané

Textes
Incipit

Vous excuserez la liberté qu’un homme obscur ose prendre de vous écrire, par l’intention 

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Transcription

[1 r] Messieurs

Vous excuserez la liberté qu’un homme obscur ose prendre de vous écrire, par l’intention qu’il a de vous communiquer une bonne idée, à la supposer vraie : il n’a pas la vanité d’affirmer qu’elle le soit, car il serait dans l’impossibilité de le démontrer ; mais elle lui a toujours paru telle : la voici, et vous en jugerez : il s’en remet entiérement à votre décision.

Pour rendre un mouvement continuel, il suffit que tandis que les ressorts qui donnent le mouvement se deployent, ils en préparent un autre qui puisse les remonter quand ils se seront developpés. La machine suivante me parait remplir ce double objet.

Je suppose une espece de coffre dans le gout d’un pêtrin, dont le fond fort étroit forme une ligne courbe. Aux cotés de ce coffre, mis en base, j’attache deux piliers percés au haut. Dans les trous de ces piliers je place un bâton portant une roüe, à laquelle il est inséparablement uni et sert d’axe. Une roüe d’un bois leger est entourée de bâtons minces et fort legers formant des rais, au bout desquels il y a une espece de cuillier arrengée de façon à ramasser en tournant au fond du coffre, et percée dans le milieu de maniére qu’elle puisse répandre quand elle sera en haut de la roüe, ce qu’elle aura ramassé. Je pose en plan incliné au dessus du corps de la roüe du côté ou sont tournés les becs des tuyaux des cuilliers, un canal propre à recevoir les grains qui en tomberont, et les porter dans un reservoir. Ce reservoir en forme de tremie, lequel doit être plein de plomb à tirer, sera placé d’un coté et au-dessous de l’axe. Il y aura au fond de cette tremie un trou rond évasé par-dessus. [1 v] Ce trou sera fermé par une boule percée au milieu, dans laquelle boule passera une corde attachée par un crampon à l’axe de la roüe. Presqu’au bout de cette corde il y aura un nœud, et au bout sera attaché un antonnoir. À l’autre coté de l’axe sera attaché par un crampon une corde portant un contrepoids. Il faut que ces cordes soient disposées d’une maniére opposée, ensorte que quand l’une sera deployée l’autre soit roulée à l’entour de l’axe ; et que quand l’antonnoir descendra le contrepoids monte ; et vice versa. Observez encore, 1.° que le contrepoids pese beaucoup moins que l’antonnoir plein, et beaucoup plus que l’antonnoir vuide. 2.° que le trou du fond de la tremie soit beaucoup plus grand que celui du bout de l’antonnoir. 3.° qu’il y ait une proportion entre l’ouverture du bout de l’antonnoir et le chemin qu’il a à faire ; de maniére que desqu’il sera descendu il le soit déja vuidé. 4.° que le plomb qui s’écoulera de l’antonnoir soit porté par un canal incliné au fond du coffre. De cette sorte, l’antonnoir plein étant beaucoup plus pesant que le contrepoids, a mesure qu’il descendra faisant tourner la roüe dans un sens naturel, le contrepoids montera, et les cuilliers ramassant le plomb répandu par l’antonnoir au fond du coffre, le laisseront tomber du faîte de la roüe dans le canal, d’où il roulera dans le reservoir. Mais des qu’il sera presque descendu, la force du contrepoids prenant le dessus à mesure que l’antonnoir en se vuidant s’allége, fera tourner la roue à rebours : et l’effet de la descente du contrepoids sera de faire de nouveau remplir l’antonnoir, par le moyen du nœud fait à la corde ; lequel a mesure qu’elle se roule, soulevant la boule qui bouche la tremie, fera répandre du plomb abondamment. L’antonnoir rempli reprenant la supériorité de poids redescendra : et ainsi, jusqu’à l’infini.

Il est visible que tant que l’antonnoir aura sa supériorité de [2 r] poids, il donnera le mouvement à la roüe pour raporter au magasin le plomb tombé, et fera remonter le contrepoids ; et que desque le contrepoids l’emportera, tournant dans un sens oposé, il ne fera que recharger l’antonnoir. Il est vrai qu’il y aura un moment ou l’antonnoir et son plomb d’un coté, et le contrepoids et les cuilliers chargées de l’autre, se trouvant d’un poids égal, le mouvement sera suspendu : mais cet etat ne peut guere durer, attendu que l’antonnoir se vuidant toujours, donnera bientôt l’avantage au contrepoids.

Pour rendre sensible la description de cette machine, j’en joins ici une figure.

On pourra objecter :

Que le poids des bâtons chargés de plomb et celui du contrepoids balançant le poids de l’antonnoir, arrêteront le mouvement.

Que la rotation se faisant alternativement en deux sens oposés, se reduit à rien.

Et mille autres choses.

Je réponds 1.° que le plomb étant raporté peu à peu, son poids et celui du contrepoids seront toujours inférieurs à celui de l’antonnoir chargé. D’ailleurs, ici comme en un char, le principal poids est suporté par la roüe.

2.° qu’en quel sens que la machine tourne ; pourvu qu’elle aille toujours, son mouvement n’en sera pas moins perpétuel.

Il peut y avoir beaucoup d’imperfection dans le [2 v] mechanisme de cette machine : mais pourvu que l’idée en fut juste, il se perfectionnerait dans la suite.

Au reste, Messieurs, s’il vous parait surprenant qu’un homme ignorant jusqu’aux principes de la geometrie et de la mechanique ose prétendre d’avoir fait une découverte qui a échapé à la recherche des philosophes ; je vous suplie de n’en examiner pas moins attentivement mon mémoire, et que la dificulté de la chose ne vous le fasse pas condamner sur l’étiquette : puisque les découvertes sont quelquefois moins l’ouvrage du génie que du hasard.

Je suis très-respectueusement, Messieurs Votre très-humble & très obéïssant serviteur

Robert1Paraphe bouclé.

Vern prés Genolhac en Cevennes 20. aôut 1784.

[En dessous : Adresse]

[3 r] [Figure] [3 v vierge]
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Contenu

Décrit une machine permettant selon lui d’exécuter un mouvement perpétuel.

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