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Notice
Identification et lieu de conservation
IDC1708
TitreLes directeurs et administrateurs de l’hôpital général de Paris aux membres de l'Académie des sciences de Paris - 4 décembre 1786 (Paris, Archives de l’Académie des sciences / pochette de la séance du 6 décembre 1786)
Document de référenceOui
Statut éditorialLettre retenue
Lieu de conservationParis, Archives de l’Académie des sciences
Cotepochette de la séance du 6 décembre 1786
Intervention(s)
Expéditeur(s) et destinataire(s)
Instrument d’écriturePlume trempée dans l’encre noire
Dates
Datation4 décembre 1786
Papier et cachet
Description sommaire du papier

Cahier de 2 bifeuillets cousus par deux rubans verts, in-folio, vergé azuré, filigrané

Textes

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Transcription

[1 r] Messieurs

La nécessité où nous sommes d’employer de très grandes Chaudières dans les Maisons dépendantes de L’hôpital général, et les Vües d’Economie qui nous guident dans la consommation de matières combustibles qu’éxigent plusieurs vastes fourneaux destinés pour ces Chaudières, nous déterminèrent, il y a quelques tems, d’en faire fondre deux en fer pour la Buanderie de Bicêtre, lesquelles ont cinq pieds de longueur sur trois et demi de largeur, et deux pieds où environ de profondeur : On a fait usage du charbon de terre pour les fourneaux au dessus desquels ces chaudières sont placées : Les premières épreuves qu’on en a fait, ont donné lieu d’esperer qu’on en tireroit un service utile, et on a cru reconnoitre une économie dans l’emploi du charbon de terre par préférence à celui du bois : Mais bientôt ces chaudières, pleines même d’eau de lessive se sont fendües en différens endroits ; Elles ont laissé échapper toute l’eau qu’elles contenoient, et quoiqu’une des deux ait été racommodée aussi solidement qu’il etoit possible qu’on le fit, elle s’est entrouverte de nouveau, et n’a donné aucun espoir qu’on put la rétablir.

Ces accidens répétés Nous laissent beaucoup d’inquiétude pour l’avenir, surtout s’ils avoient lieu à l’egard de chaudières qui [1 v] continssent le bouillon destiné pour une Maison telle que Bicêtre où la Salpêtriere.

Nous avons cru que Nous pourrions Nous mettre à l’abri de ces inquiétudes, où au moins Nous en mieux garantir, sans faire la perte si essentielle des chaudières, en les faisant fabriquer en fer battu de deux lignes où environ d’épaisseur : Elles seroient composées alors de plusieurs pieces appliquées l’une sur l’autre par leur extremités, et attachées solidement par des cloux rivés, qui, fort près l’un de l’autre, tiendroient les extremités de ces plaques parfaitement assujeties : D’ailleurs, l’intérieur des chaudières ainsi construites, seroit étamé, et Nous croyons, qu’a la faveur de cet enduit d’Etain, les moindres vuides qu’il y auroit dans la jonction de ces plaques, où la plus petite soufflure dans le corps des mêmes plaques, ces Vuides pourroient être bouchés entièrement, et ne laisseroient aucune issue au liquide que les chaudières contiendroient.

Quelque apparence de succès que Nous présentent des chaudières faites ainsi de fer battu de pieces de rapport et étamées, Nous Vous prions de Nous éclairer sur ce sujet : Il s’agit d’une Economie dans le bien des Pauvres, de la durée d’ustensiles assez chers, et de la sureté dans un service journalier.

Nous n’ignorons pas qu’on peut faire usage avec avantage de chaudières de fer fondu, en les chauffant avec le bois, où même avec le charbon de Terre ; Nous en avons quelques une dans Nos Maisons qui s’y soutiennent sans accident, par la raison peut-être que l’on conduit le feu avec ménagement au dessous d’elles, que leur capacité est médiocre, et que la matière dont elles sont [2 r] composées est moins aigre et moins cassante que celle des grandes Chaudieres qui à Bicêtre n’ont pas résisté longtems aux épreuves ordinaires qu’on leur y a fait subir.

On Nous a témoigné quelques inquiétudes sur l’emploi des Chaudières de fer battu, en nous disant que ce métal réduit à cet état de flexibilité, est sujet a s’exfolier quand on l’expose à un grand feu, surtout à celui que produit le charbon de terre, et que par une suitte de ce déffaut du fer battu, les chaudières qui en seroient formées ne seroient pas d’un service aussi long et aussi économique que Nous le présumons.

Nous ne doutons point que le fer battu qu’on fait rougir à un feu vif et longtems soutenu, ne puisse peu à peu se lever par écailles, et se détruire enfin après avoir passé une multitude de fois par l’état alternatif de rougeur et de réfroidissement : Mais Nous croyons que des Chaudières, toujours remplies d’eau quand elles sont expôsées au feu, ne peuvent pas souffrir une altération considérable au dessus d’un feu qui n’y doit produire tout au plus que la chaleur de l’eau bouillante, et qu’on modere souvent dans certaines circonstances, parce que l’intensité de cette chaleur auroit beaucoup d’inconvéniens.

Vous sentez, comme Nous, Messieurs, les raisons qui Nous engagent à bannir de Nos Maisons le cuivre, même étamé, par les suittes funestes qu’auroit la négligence, et qu’il faut toujours craindre dans des gens peu attentifs naturellement, et dans des Maisons où il s’agit de la subsistance [2 v] de sept à huit mille personnes.

Ainsi , en Nous bornant à l’emploi du fer pour les Chaudières que Nous avons à établir, tant pour le bouillon tiré des viandes et des légumes, que pour l’eau de Lessive qu’éxigent les buanderies, Nous Vous prions de Nous dire s’il sera plus avantageux, et pour l’économie, et pour la sureté du service, de faire usage du fer battu et étamé, que de la fonte de fer ; Et dans le cas où Vous préféreriez cette fonte au fer battu et en pieces de rapport pour les grandes Chaudières que Nous avons à établir, si Vous seriez d’avis qu’on employat la fonte grise plutôt que la fonte blanche, comme moins aigre que celle cy, et plus capable de resister à l’action du feu.

Comme Nous désirons de donner à ces ustensiles si essentiels pour de grands hôpitaux, toute la solidité dont ils sont suceptibles, Nous Vous prions également de Nous guider sur la forme de ces chaudières en fonte, si Vous les préférez à celles de fer battu : La forme ronde avec un fond en calotte renversée et qui supposeroit l’épaisseur bien ménagée dans la totalité de la chaudière, ne seroit-elle pas plus favorable pour la dilatation du métal au dessus du feu, où sa condensation dans le cas du réfroidissement, que la forme d’un quarré long tel que Nous l’avons annoncée à l’égard des Chaudières qui se sont fendües [3 r] à Bicêtre ? Les angles ordinairement plus épais des ustensiles en fonte de cette dernière forme ne deviennent ils pas un obstacle pour la distribution égale de la chaleur dans toute l’étendue du métal, surtout quand le feu produit par le charbon de terre est très vif au dessous du milieu de la chaudière, et quand il s’y soutient dans une grande activité dont il paroit que les angles assez éloignés du centre de cette chaudière ne se ressentent pas avec égalité ?

Tels sont les objèts d’utilité pour les différentes Maisons de L’hôpital général, et principalement pour la sureté du service sur lesquels Nous Vous prions de Nous éclairer : Vous consacrez Vos lumières au bien public ; Il s’agit dans ce moment cy de l’intêrret des Pauvres, et ce sera sans doute un motif de plus pour que Vous veuilliez bien Nous aider de Vos conseils et contribuer par vos connoissances aux établissemens les plus solides dans l’Administration importante dont Nous sommes chargés.

Nous sommes avec respect Messieurs Vos très humbles et très obéïssants serviteurs.

Les Directeurs et Administrateurs de l’hopital général de Paris.
d’outremont1Paraphe bouclé. Basly Debourge2Idem.
Quatresoux delamotte3Idem.
Laget-Bardelin4Idem. DeSt-Sabin5Idem. Delamotte6Idem.
Magimel7Idem. Tillet8Idem.
Henry9Idem. Bellet10Idem. Demalezieu11Idem.
Boscheron [?]12Idem.

au Bureau de la Pitié ce 4. Décembre 1786.

[3 v vierge] [4 r vierge] [4 v vierge]
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Contenu

On fait fondre deux chaudières en fer destinées aux lessives. Mais elles se sont assez vite détériorées. Envisagent d’en faire fabriquer de nouvelles, composées de plusieurs pièces, en fer battu et étamé, et qui pourraient aussi servir à préparer les bouillons. Demandent cependant à l’Ads s’ils ne devraient pas plutôt les faire construire en fonte. Dans l’affirmative, l’interrogent sur la forme de ces chaudières et sur la nature de cette fonte (blanche ou grise). 

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