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Notice
Identification et lieu de conservation
IDC1848
TitreMITTIE à Charles BOSSUT - 20 mars 1784 (Paris, Archives de l’Académie des sciences / Pochette de la séance du 27 mars 1784)
Document de référenceOui
Statut éditorialLettre retenue
Nature du documentOriginal
Lieu de conservationParis, Archives de l’Académie des sciences
CotePochette de la séance du 27 mars 1784
Intervention(s)
Expéditeur(s) et destinataire(s)
Instrument d’écriturePlume trempée dans l’encre noire
Dates
Date indiquée par le scripteurce 20 mars 1784
Datation20 mars 1784
Papier et cachet
Description sommaire du papier

Cahier de 2 bifeuillets in-4° cousus par deux rubans roses, vergé écru, filigrané.

Textes

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Transcription

[1 r] Monsieur Le Directeur Et Messieurs

Sil est difficile d’établir des vérités, il est encore plus difficile de détruire des Erreurs, quand elles sont consacrées par le tems, adoptées par des corps, et que plusieurs de leurs membres sont intéressés a entretenir ces Erreurs.

D’ailleurs la prévention, l’habitude, l’amour propre, sont autant d’obstacles que la vérité rencontre et qui la font rejetter, sans prendre la peine de l’examiner.

Tout homme, avec les meilleures preuves, avec les motifs les plus louables, ne peut jamais se flatter de parvenir seul a détruire un prejugé, quelque nuisible qu’il soit. Le vulgaire tient a ses erreurs, par ce qu’il est aussi sourd a la raison, qu’aveugle dans sa crédulité, et presque tous les hommes sont Peuple en fait d’opinion.

Jamais il n’y a eu de préjugé plus mal fondé, ni plus funeste au genre humain, que celui qui regne, de [1 v] puis trois siecles, en faveur du mercure, pour la guérison de la maladie vénérienne.

Jamais maladie n’a été traitée avec un remede plus dangéreux que le mercure, et qui convient moins a tous les cas, a tous les sujets aux quels on l’applique indistinctement.

Jamais il n’y a eu de traitement pratiqué avec si peu de savoir et de jugement que celui des frictions, ni qui soit plus aveugle et plus infidéle, et qui réunisse autant de contradictions et d’inconséquences ; il semble que l’ignorance et la déraison se soient accordées, dans cette méthode, pour concourir ensemble a la honte de l’art, et au malheur du genre humain.

Néanmoins, cette methode est généralement employée et regardée comme la meilleure, comme la méthode par excellence.

Ce n’est point, ici, Messieurs, une vaine déclamation contre le mercure et la maniere de l’administrer : plus instruit qu’on ne l’est sur cette matiere, par ce que je me suis écarté de l’exemple et de la routine que l’on suit aveuglément, je voudrois ouvrir les yeux au Ministere, aux Personnes de L’art, a tous les savans, et a toute l’Europe, sur un remede et sur une maladie, qui par le préjugé et l ignorance ou l’on est a leur égard, nuisent a [2 r] la population en dégradent l’espece humaine, tandis qu’il n’y a point de maladie, en suivant la doctrine que j’ai établie, en usant des moyens que j’ai enseignés, plus facile a guerir et pour la quelle il y ait autant de remedes surs, doux, simples, faciles et peu couteux ; les plantes les plus communes ayant la propriété de guérir les maladies vénériennes, comme l’eau a la propriété d’éteindre le feu.

Revolté de voïr tous les maux que l’on ajoute a la maladie vénérienne, que l’on aggrave encore par le mercure ; indigné de voïr l’impudence et la mauvaise foi de ceux qui, malgré les preuves du contraire, soutiennent que le mercure est le seul remede de la maladie vénérienne, et que son usage en exemps de dangers ; j’ai attaqué publiquement ces faussétes avec les armes de la raison et de l’expérience. Jai engagé les Partisans du Mercure a répondre a mes objections : aucun ne la fait ; mais pour se venger de me voïr divulguer leur tort, manifester leur incapacité, la plupart m’ont injurié et calomnié ; ressource ordinaire de ceux qui veulent soutenir une mauvaise cause et qui manquent de moyens pour la défendre.

Le but de l’institution de l’Academie est d’éclairer et de servir L’humanité. Vos travaux, Messieurs, n’ont point d’autre objet : les miens ayant le même motif, j’ai cru devoïr vous faire [2 v] part de ma doctrine et de mes découvertes, <et> j’espere que votre amour pour la vérité secondera mes vues pour le bien Public. Les secours, Messieurs que j’attends de votre zele, de vos lumieres, pour m’aider a dechirer <d> le bandeau de l’ignorance, a détruire une prévention aveugle et dangéreuse m’ont déterminé à cette demarche. Je la fais d’autant plus volontiers que les circonstances sont favorables a mon dessein : puisque <l’académie> l’Académie s’occupe actuellement du même sujet que je traite.

Les maux que le Mercure occasionne a ceux qui l’employent dans les arts, ont déterminé l’académie a proposer un prix, l’année derniere ; elle en propose un autre, celle ci, pour couronner l’ouvrage, qui offrira des moyens de garantir des mauvais effets du mercure les Doreurs, les argenteurs, et ceux qui mettent les glaces au tain. Quel argument à opposer a ceux des medecins et chirurgiens et au commun des hommes, qui regardent le mercure comme un remede innocent, qu’on peut administrer avec sécurité et sans danger !

Pour rendre sensible les inconvéniens du Mercure, j’ai fait connoître la cause des maux infinis qu’il occasionne, et les risques qui sont inséparables de son usage.

[3 r] Je croirois n’avoir servi qu’á demie la médecine et l’humanité, en proscrivant le mercure, comme un Remede dangereux et insuffisant, si je n’avois substitué a son usage, pour la guérison de la maladie vénérienne, celui d’un grand nombre de nos végétaux, dont l’efficacité est incontestable, et dont l’administration, par ma méthode, est aussi éclairée, que celle du mercure est aveugle.

Ma nouvelle théorie, la simplicité de mes moyens, leurs heureux succés, ne rencontrent que des detracteurs et des incrédules, sans qu’il se trouve, parmi eux un seul critique honnête, et impartial, que le savoir éclaire, ou que l’amour du bien guide.

Dans un siecle que l’on dit être celui de la raison et des lumieres ; dans un temps ou l’on ne parle que de traits d’humanité, que d’actes de bienfaisance, que les <accadémies> académies et le Gouvernement se plaisent a récompenser, il est bien surprenant que l’on ait si mal accueilli des découvertes aussi utiles que les miennes, faites pour conserver, annuellement, la vie et la santé a des milliers d’hommes, qui, tous les jours, sont dupes et victimes du préjugé et de la charlatanerie.

Comme mes travaux doivent contribuer [3 v] au bien de L’État, au salut des Particuliers, je vous prie, Messieurs, au nom de l’humanité et pour L’honneur des sciences, de vouloir bien, joignant a la qualité de savans, celle de tous Citoyens, discuter ma doctrine, constater mes découvertes ; afin que ceux a qui j’ai ouvert la carrière, et frayé le chemin, puissent opposer votre Jugement a l’envie, a l’ignorance, a l’intérêt qui s’élevent, d une maniére indécente, contre des vérités essentielles au soulagement du genre humain.

Je suis avec un profond Respect Monsieur le Directeur
et Messieurs
Votre trés humble et très obeissant serviteur.

Mittie1Paraphe souligant.

a Paris ce 20 mars 1784

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