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Notice
Identification et lieu de conservation
IDC2291
TitreJean Honoré Robert PAUL DE LAMANON à CONDORCET - 18 mars 1782 (Paris, Collection particulière L. A.)
Datation18 mars 1782
Lieu de conservationParis, Collection particulière L. A.
Intervention
Expéditeur(s) et destinataire(s)
Papier et cachet
Description sommaire du papier

Bifeuillet in-4°, vergé, écru, filigrané.

Référence(s)
Catalogue(s) de vente

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Édition

Nature du document : lettre originale, autographe, signée.

Adresse :

A Monsieur

Monsieur le Marquis de Condorcet de l’academie françoise et [s]ecretaire1La première lettre de ce mot a été couverte par de la cire. perpetuel de celle des sciences

À l’hotel de la Monoie

À Paris.
(f. 2 v).

Support d’écriture : bifeuillet in-4°, vergé écru, filigrané.

Autres éléments matériels :

  • cachet de cire noire, brisé (f. 2 v) ;
  • déchirure occasionnée par le décachetage de la lettre (f. 2).

Transcription

[1 r] 1En haut à gauche du cliché de cette page, la fin de certains mots se trouvant au f. 2 v a été écrite.de Malesherbes le 18 mars 1782.

Je descens, Monsieur, de la montagne tremblante pour proffiter du depart du courrier et vous rendre compte des observations que j’ai faites depuis mon arrivée. Elles se bornent à peu de chose pour ce qui concerne le phenomène : le bruit ne se fait |plus| entendre que deux ou trois fois le jour et il faut <et il faut> garder |un| proffond silence pour s’en appercevoir. Jamais il n’a été semblable à un coup de canon comme on la imprimé car le bruit qui a eu lieu aujourdhui à 9h 1 2 est un des plus forts et il ne peut être comparé qu’a un bruit de petard qu’on entendrait à l’entrée d’une mine proffonde lorsque les ouvriers mettent le feu à une trainée de poudre.

La Beauce et le Gatinois forment des plateaux elevés d’environ quarante toises sûr le niveau de la Seine à Paris. J’en juge par quelques observations barometriques que j’ai faites en venant. Il y a au milieu de ces plateaux quelques vallées creusées par les rivières qui y coulent et c’est à droite et à gauche de ces vallées qu’on apperçoit des blocs immenses de grès. On voit aussi des tertres composés de sable fin cristallisé qui paroit provenir de la decomposition du grès. On fait des excavations dans ces collines pour en tirer le sable dont on se sert et sûr la fin du mois passé on a commencé d’entendre |dans une de ces sablonières| un bruit dont on fut dabord effrayé mais peu à peu on s’y est accoutumé et la coline a été pendant plusieurs jours <[... ?]> frequentée par les habitans du pays hommes et femmes qui prennoient plaisir à ressentir la commotion. La montagne comme je viens de le dire est toute de sable au moins du coté du levant [1 v] ce n’est pas une montagne de grés comme on la dit dans le Journal de Paris2Voir Journal de Paris, 10 mars 1782, n° 69, p. 274.. Le bruit ne s’est pas fait entendre de min[ute] [e]n3La lecture des deux mots qui précèdent est gênée par la présence d’une tache d’encre. minute comme on la |aussi| imprimé, <et [?]> son [re]tour4Ce mot est pareillement en partie couvert par une tache d’encre. n’avoit aucune regularité pendant les 3 premiers jours il a toujours été accompagné d’une commotion le 4[e] jour on ne l’entendoit pas <[... ?]> deux fois dans une heure et à present il n’y a que quatre ou cinq coups par <jours> jour. Les habitans appellent cette coline la butte qui cogne et il semble reelement qu’on donne un coup dans la base de la montagne. Lorsqu’on est place sûr la bute on n’entent rien et on ne sent aucune commotion il faut être assis sûr le penchant (en b) <peu> et à peu près à mi cote pour être bien remué. L’endroit de la commotion peut avoir 5 toises en quarré mais dans les commencemens le bruit s’etendait d’environ, 305La présence d’une tache d’encre sous le zéro peut conduire une mauvaise lecture de ce dernier chiffre. toises plus loin que la commotion. J’ai tenu aujourdhu[i]6Lettre manquante du fait d’une déchirure du papier. pendant plus de deux heures deux niveaux a bulle d’air sûr la butte, jai entendu un bruit sourd <et> jai ressenti une legère commotion et les niveaux n’ont pas bougé. Javois aussi placé une boussole à coté des niveaux pour voir sil y auroit une declinaison sensible je n’en ai point apperçû mais il m’a semblé voir une legère inclinaison je suis au moins sûr que l’eguille aimantée a vacillé et elle a resté une demi minute <[... ?]> à reprendre sa tranquilité. Mr de Malesherbes qui etoit present m’a assuré que cette commotion etoit assés semblable à celles qu’on avoit ressenties les premiers jours et que le bruit n’en [2 r] differoit que parce qu’il étoit moins sec.

Il seroit trop long de vous detailler ici toutes les [petites  ?] 7La lecture de ce mot est gênée par la présence d’une tache d’encre. observations que j’ai faites cela demanderoit trop de [tems]8Idem. et je veux employer celui que je dois encore9Ce mot a peut-être été barré, à moins qu’il n’ait été couvert par une tache d’encre. passer <sur [?]> auprès de la montagne à la mesurer et à la mieux etudier encore.

[La] [co]urte10La lecture des deux mots qui précèdent est gênée par la présence d’une tache d’encre. relation qu’on a donnée de |ce| phenomène est un peu exagérée cela se reduit à un bruit souterrein qu’on pouvoit entendre à 40 toises de la butte, accompagné d’une commotionqu’on ne pouvoit sentir que lors qu’on etoit à mi-cote de la bute même. Il n’y a eu à l’exterieur aucun enfoncement de terrein. Cest un <petit> tremblement de terre en petit.

D’après la connoissance que j’avois déjà des lieux et d’après ce que jai vû depuis je suis porté à croire que la cause <de [?]> du phenomène est <[... ?]> un amas d’eaux souterreines et très profondes dont les balencemens occasionent le bruit et la commotion. Jaurai l’honneur de vous faire part à mon arrivée à Paris des raisons sûr les qu’elles ma con[science] [?]11Le mot connaissance serait plus vraisemblable mais l’espace sur la page semble trop réduit pour qu’il ait pu être écrit. est fondée. J’ai fait aussi un petit receuil de toutes les opinions que ce fait extraordinaire a fait naitre. Dans ces occasions il est bon de consulter les gens du peuple on voit jusquà qu’el point les lumières se repandent dans plusieurs villages ou il y a quelques personnes instruites on imagine des causes naturelles mais helas ! dans plusieurs autres, on a recours à des êtres qu’on crée exprès pour expliquer la nature et tourmenter les hommes. Hier un paysan vint en ma presence porter un billet à mr de Malesherbes pour lui dire qu’il savoit au just[e] ce qu’il y avoit sous la montagne on lui demenda de s’expliquer et celui [2 v] 12La fin de certains mots, ci-après, n’est pas visible sur le cliché du f. 2 v : elle figure sur celui du f. 1 r qui portoit la parole en son nom dit quil falloit pour cela qu’on lui donnat le cierge pascal.

Le courrier va partir et ne me laisse que le tems de vous assurer du respectueux attachement avec le qu’el j’ai l’honneur d’être Monsieur votre tres &c

le chever de Lamanon13Paraphe bouclé.

Vous pouvés si vous le jugés à propos donner un extrait de ma lettre à l’academie14Ce sera le cas. Voir Plumitif de la séance du 20 mars 1782, f. 15 r. ou au Journal de Paris15Ne figure pas dans le Journal de Paris, même si le n° 120, du 30 avril, fait allusion p. 479 au déplacement de Lamanon. Je travaillerai à rediger mes observations en arrivant à Paris, <je vous [... ?] même16Lire Je vais ecrire même ? et jaurai l’honneur de les lire à l’academie. >

[Adresse (voir ci-dessus)]

MM. Guettard et de Fougeroux ne sont point encore venus ils ont besoin de se presser.

Contenu

Lui présente ses observations sur les commotions et les bruits souterrains, observés dans la montagne [des environs de Malesherbes], depuis la fin du mois de février. S’est entretenu avec Malesherbes de ce phénomène. Estime qu’il provient des mouvements d’« un amas d’eaux souterreines et très profondes ». L’invite, s’il le juge utile, à diffuser un extrait de sa lettre. A son retour, présentera à l’Ads des observations plus détaillées. Lui signale que Fougeroux et Guettard ne sont toujours pas arrivés [à Malesherbes].

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