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Notice
Identification et lieu de conservation
IDC1793
TitrePierre Guillaume LE ROHBERGHERR DE VAUSENVILLE aux membres de l'Académie des sciences de Paris - 20 janvier 1779 (Paris, Archives de l’Académie des sciences / pochette de la séance du 26 juin 1779)
Document de référenceOui
Statut éditorialLettre retenue
Nature du documentOriginal
Lieu de conservationParis, Archives de l’Académie des sciences
Cotepochette de la séance du 26 juin 1779
Intervention(s)
Expéditeur(s) et destinataire(s)
Instrument d’écriturePlume trempée dans l’encre noire
Dates
Datation20 janvier 1779
Papier et cachet
Description sommaire du papier

Bifeuillet in-folio, vergé écru, filigrané

Textes

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Note sur l’établissement du texte : certains î sont surmontés par un point sous l’accent circonflexe. Nous ne rétablissons pas ce point.

Transcription

[1 r] Messieurs

Dès l’année 1771. j’ai eu lhonneur de faire part à L’academie de mes prètentions a la quadrature du cercle, & M. Pingré jugea en ma faveur. Je viens de faire imprimer mes Resolutions : elles sont devolües au jugement souverain du public, & je prend la liberté, pour me conformer à l’intention des ministres, de les communiquer au corps général de Lacademie, à cet éffet je lui envoye l’exemplaire de mon ouvrage ci-joint, en la suppliant de vouloir bien lagréer.

Je le dit, Messieurs, je serai toujours pénétré de la plus haute veneration pour le corps de L’academie, & je n’oublierai jamais, qu’elle ma fait lhonneur de me nommer son Correspondant ; mais je le serois encore d’avantage, si elle écartoit de ses assemblées, ces Esprits factieux & téméraires, qui viennent profanner par des oracles impies, son temple de vérité & de sagesse, & le dégrader par des injustices. Ces mêmes Esprits ont l’audace d’y faire adopter leurs propres erreurs : par ces Triomphes, ils Tyrannisent les sciences, & loin de les cultiver, ils s’opposent à leur progrès. Louvrage que j’ai lhonneur de presenter à Lacademie, en est un monument Certain. C’est ainsi que M. D’alembert, de même que les S.rs Jeaurat & Cousin Commissaires nommés par Lacademie, en ont usé à mon égard & l’academie à eu la complaisance de souscrire à leurs injustices. De plus par surcroît, on a publié dans les papiers publics, que L’academie ne vouloit plus entendre parler de quadrature. C’est ce qui ma forcé de declnier1Lire décliner. sa jurisdiction pour me faire Entendre dans un autre Tribunal.

Jai demandé, Messieurs, pour quèl motif, le corps de Lacademie a été institué. On ma repondu : que c’etoit un Tribunal que le Roy avoit établi pour l’avancement des connoissances utiles, afin de connoître de la Géométrie & de tout genre de science indistinctement. Si cela est ainsi, ai-je reparti, Pourquoi L’academie fait-elle des proscriptions, des exclusions de son propre chef ? C’est manquer d’integrité & de fidelité, c’est manquer à son legislateur. [1 v] En effet, Messieurs, n’est-ce pas contrevenir à ses devoirs, que de fermer l’accès de votre Tribunal aux quadrateurs, puisque la quadrature depend de la Géomètrie qui est du ressort de Votre competence ? Un juge qui en useroit de même, seroit dans le cas de la reprehension. Faire ainsi des Loix arbitraires & de caprice, c’est afficher le Despotisme, pour intercepter le droit public, afin de sopposer au progrès des sciences que vous avez charge de cultiver. Ma qualité de Correspondant m’avoit acquis un double droit à votre Tribunal : vous m’avez ôté l’un & l’autre. Quélle en à été la cause ? C’est la quadrature, par ce qu’elle vous deplait. La quadrature est donc un crime ? Oui. Sans doute : c’est un grand crime, puisque l’academie la proscript ? Quèl est son motif pour le faire ? C’est ce qui reste à demontrer.

Il est certain, Messieurs, que la resistence qu’elle a éprouvée, lui fait plus d’honneur que de préjudice : on ne resiste pas sans cause. Elle montre, quil y a une raison sourde qui induit à s’y opposer : sans cela feroit-on tant de façons pour rendre justice sur un fait de Géometrie ? Il ne sagit que de dire verité : sans cela, m’auroit-on tenu 8. ans en arrêt pour une chose si facile à vérifier ?

Il est encore certain que si j’ai raison, le public y gagne une decouverte, d’autant plus interressante que vous la regardez vous même co.e impossible. Si j’ai tort, on peut me confondre dans un instant, & ma honte, servira de Triomphe aux anti-quadrateurs. Pourquoi ne le fait-on pas ? Il y a deja six mois, que mon ouvrage est publie, & cependant, ni M. D’alembert, ni personne des invités ne se sont empressés d’y repondre : ce silence paroît favorable à mes prétentions.

Je soutient, Messieurs, par le droit commun, que le mien est égal au votre. Je reconnois votre puissance & ma foiblesse ; cependant j’ai le droit de militer par la force de la raison. J’ai celui de me plaindre des injustices que j’ai éprouvées : Lacademie par sa conduite vis-à-vis son propre correspondant, à forgé des armes pour ma deffense, & les circonstances m’obligent de m’en servir ; ainsi, elle n’a rien à me reprocher à cet égard. Je dit plus, quand bien même je serois tombé en erreur, ni elle ni M. D’alembert, n’en seroient pas moins blamables aux yeux de L’equité.

Quai-je demandé à Lacademie ? C’est de juger mes moyens, selon les Principes reçus en Geométrie. Y a-t-elle satisfait ? Non. Elle ma repoussé dès le premier instant. Pour me decourager, elle ma supprimé du tableau de ses Correspondants. & enfin aulieu de faire droit, elle s’est contentée de remplir la forme.

Je soutient, Messieurs, & je prouve, que les S.rs Jeaurat & Cousin Comm.res [2 r] nommés par l’academie, lui en ont imposés, dans le rapport qu’ils lui ont fait le 21. Janvier 1775, rapport qu’elle a confirmé, & je dit que ce rapport ne detruit rien de mes prétentions, puisqu’il ne contient qu’une dénégation pure & simple du fait qu’il sagissoit de vérifier. Pour le faire, il faloit rapporter des raisons & les opposer aux miennes ; mais ces MM. n’ont eu garde de le faire. Cette dénégation est un acte de despotisme, concerté a dessein de faire illusion. On ne peut me blâmer de m’être élevé contre ce jugement : il est permis de prendre un juge à partie, & de le traduire devant un autre juge, à l’effet de faire reformer son jugement : c’est précisement ce que j’ai fait.

Je le dit, Messieurs, nul interêt ne me guide, que celui de ma propre gloire, qu’on a jugé à propos de fletrir sans cause, & cela pour avoir eu la volonté <d>2L’écriture de ce mot a été amorcée en fin de ligne, avant d’être barrée pour être reporté à la ligne suivante, du fait d’un manque de place sur la page. d’accroitre les connoissances intellectuelles. Il est question de montrer si je lai mérité. Les qualifications de fol & d’ignorants, sont déjà detruites par les propres temoignages de Lacademie. Je les ai rapportés pour montrer un singulier contraste.

Aureste, Messieurs, le Tableau que je viens de retracer, n’est que le recit des faits qui se sont passés à mon égard, & les conclusions qu’on peut en tirer. J’ai trop bonne oppinion du corps de L’academie pour croire qu’il ait jamais eu l’intention de se refuser à la vérité & à la justice quil doit aux sujets de Sa Majesté, dans la culture des Sciences ; mais il est possible, que trop facile à se laisser entrainer aux oppinions des esprits factieux de son Tribunal, il ait été par eux trompé & abbusé. C’est pourquoi, comme erreur n’est pas compte, & que tout juge à droit de se réformer, J’ai lhonneur de me presenter de nouveau à ce même Tribunal, pour demander un jugement légal sur la teneur de mon écrit : il sagit de la vérité. Si mes resolutions sont certaines, elles meritent d’etre approuvées. Si elles sont fausses : il faut scavoir en quoi, c’est chose à établir par des moyens solides propres à ruiner mes prétentions. En cela je ne demande rien que de juste, & le respectable corps de L’academie est trop équitable pour s’y refuser. Dans l’un co.e dans lautre cas, je serai satisfait & ma soumission reparera sil est possible, ce en quoi j’ai pû deplaire à l’academie la suppliant de vouloir bien me faire part de sa resolution à cet égard.

Je suis avec respect Messieurs Votre trés humble & trés obeissant Serviteur

de Vausenville3Paraphe bouclé.
rue & f. B. St Denis

Paris 20. J.er 1779.

[2 v vierge]
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