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Notice
Identification et lieu de conservation
IDC1832
TitreBOUGNON aux membres de l'Académie des sciences de Paris - 18 février 1789 (Paris, Archives de l’Académie des sciences / pochette de la séance du 7 mars 1789)
Document de référenceOui
Statut éditorialLettre retenue
Nature du documentOriginal
Lieu de conservationParis, Archives de l’Académie des sciences
Cotepochette de la séance du 7 mars 1789
Intervention(s)
Expéditeur(s) et destinataire(s)
Instrument d’écriturePlume trempée dans l’encre noire
Dates
Datation18 février 1789
Papier et cachet
Description sommaire du papier

Bifeuillet in-folio, vergé écru, filigrané

Textes

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Transcription

[1 r] De Vienne en Autriche 18 fevrier [1]789.

Messieurs

Daignes agréer que j’aye l’honneur de vous presenter un nouveau principe de mecanique, dont jusques a present on n’a fait aucun usage ; je l’ai cru digne de votre attention, et dautant plus certain quil est fondé en theorie et en epreuves.

Ce principe est tiré de la theorie de la chute des corps.

Tout le monde sçait, que tout corps qui tombe, aquiert de la force par sa chute ; tous les auteurs sont d’accord, que cette force est proportionnée a la hauteur de la chûte ; soit que le corps tombe librement, soit qu’il tombe par un plan incliné, ou par une courbe, ainsi que le pendule.

Il est prouvé par des experiences reiterées, que si l’on suspend a un des bras d’une balance un pendule, qu’on le fasse tomber de la hauteur d’un pied, il aquerera en tombant de cette hauteur une force equivalente a 9 fois son poids ; en tombant de deux pieds, cette force equivaudra a 18 fois son poid, et a trois pieds de chute ce pendule aura 27 fois sa pesanteur ordinaire, et il sera capable de soulever a chaque vibration, lorsqu’il sera au perigée de sa courbe, la quantité de poids mentionnés cy dessus qui seroient dans le bassin de l’autre bras de la balance.

Mais on ne prendra pas la puissance de ce pendule dans ce plus haut degré de force, parce que le tems ou il le produit est si court, qu’on ne pourroit en tirer aucun parti ; C’est linstant ou il passe avec tant de rapidite au point le plus bas de sa courbe ; et en mecanique on a besoin d une force plus constante et plus continue, et on y doit toujours estimer le principe de mouvement au plus bas. On ne supposera donc de force a un pendule qui seroit tombé d’un pied, que le triple de sa pesanteur et a 3 pieds de chute, que 9 fois cette meme pesanteur.

Il est reconnu qu’un homme peut aisément mettre et entretenir en mouvement un pendule de mille livres pesant, de facon a faire monter son centre de gravité a la hauteur de 3 pieds, cela est prouvé par l’usage journalier des cloches.

Dans ce cas, cet homme a chaque vibration qui se feroit peut-etre en deux secondes, produiroit sur le point d’appui sur lequel rouleroient les axes du pendule un effort au moins de 9 mille livres.

[1 v] Il est donc deja demontré que dans ce cas un homme seul, peut toutes les deux secondes produire 9 mille livres de force.

Si aulieu de laisser ce pendule sur un appui fixe, on le place a l’extremité d’un bras d’un levier mobile sur son centre, a chaque vibration qui iroit a la hauteur de 3 pieds, ce pendule pourra vaincre a l’extremité de l’autre bras du levier, une resistance equivalente a 9 mille livres ; il pourra faire agir des mécaniques qui exigeroient 9 mille livres de force ; et un homme seul avec un travail moderé peut etre l’agent de toute cette force.

Cest a dire qu’en mettant les choses au plus bas, aulieu de vingt, ou de vingt cinq livres, a quoi on a jusqu’a present estimé la force ordinaire de l’homme ; il peut, a laide de cette decouverte, immediatement, sans perdre de tems, ny de vitesse produire des efforts de plusieurs milliers.

Ce principe est applicable a toutes les machines connües, pompes, moulins, scieries, chariots, batteaux &c ; vous scaves Messieurs, mieux que moi, que la mecanique est asses perfectionnée aujourdhui, pour fournir les moyens d’employer un principe de mouvement a toutes sortes d’usage.

Comme celui ci fournit des forces suffisantes pour faire remonter des batteaux ; je m’étois attaché particulierement a l’adapter a cet usage, en l’appliquant a un train de rames, ou de vannes ; cela m’avoit conduit a des idées que j’ai cru etre neuves ; j’avois trouvé le moyen de toujours rencontrer meme au milieu du fleuve le plus rapide une eau tranquille pour appuyer mes vannes ; Cest celle qui est a l’arriere du batteau ; et meme en plaçant ces vannes dans un encaissement, j’augmentois encor considerablement la resistance de cette eau.

Je placois les leviers qui devoient mouvoir mes vannes de façon, que dans leurs mouvemens opposés, ils agissoient egalement sur le batteau ; et produisoient sur lui une force presque continuelle.

Je m’étois appliqué a surmonter les inconvenients qu’on rencontre toujours dans les inventions nouvelles ; le plus considerable a été la difficulté d’entretenir la vibration sur un point d’appui mobile, et j’avois trouvé la facon de l’y conserver avec autant de facilité que sur un point d’appui fixe.

Je m’occupois a mettre en ordre les plans, les modeles, et les mémoires conçernant les differentes applications que jai fait[es] de ce sistéme presque toutes prouvées par des experiences, pour avoir lhonneur [2 r] de vous les présenter cet été, lorsque un incident qui m’est survenu m’a decidé a vous faire passer a la hâte cet esquisse.

J’avois cru pouvoir sans risque confier ma decouverte a deux françois qui etoient ici, l’un est mr le chevalier de la Marquerie gentilhomme de Normandie, l’autre est mr Le Brun de la ville de Lyon ; mais j’ai appris depuis peu que pendant une maladie que j’ai eu dans le mois de janvier, mr Le Brun etoit parti en poste, a travers les rigueurs et les frimats de cet hyver pour solliciter un privilege en France, a laide de protections considerable[s] que mr de la Marquerie a a Versailles.

J’ai eu lieu de soupçonner que le principe des machines qu’ils proposent pouvoit être fondé sur mon sisteme, et qu’ils avoient pu profiter de beaucoup didées que je leur avois <confié[es] dapres [?] la confiance que j’avois en leur honnêteté> communiquées ; et j’ai eu assés de confiance en votre justice pour penser que vous me permettries de les revendiquer.

A la verité mr le Chevalier de la Marquerie qui est encor a Vienne, sur les reproches que je lui en ai faits, m’a assuré qu’il n’employoit aucune de mes idëes dans les machines qui doivent etre soumises a votre jugement ; cela peut etre ; je le connois pour un homme d’esprit, d’une imagination fort vive, et capable d’invention ; et dans ce cas, je n’aurois aucun grief a porter contre lui, je suis incapable de chercher a m’attribuer les ouvrages d’autrui.

Mais si son principe de mouvement est tiré de la theorie de la chute des corps et du pendule ; s’il place ses vannes a l’arriere du batteau, et dans un encaissement ; si ses leviers sont disposés de façon que dans <les> leur[s]1La dernière lettre de ce mot n’a pas été écrite compte tenu d’un manque de place. mouvemens alternatifs et opposés, ils produisent toujours le meme éffet sur le batteau ; toutes ces idées viennent de moi ; et dans ce cas, Messieurs, j’attens de votre justice que vous voudres bien faire tenir une notte du jour ou ce memoire aura paru devant vous ; pour qu’elle puisse me servir a prouver que j’ai mis au jour mon sisteme, auparavant que ceux de mr Le Brun et de la Marquerie ayent etés publies ; Cest la une grace que je vous prie de m’accorder.

Peut-être que ma qualité dhomme inconnu ; et qui se presente dans ce moment ci comme entierement isolé vous paroitra meriter peu d’égards, surtout me trouvant en opposition a un tres grand crédit ; mais je vous prie, Messieurs, de considerer que ma cause est celle du public ; j’ai toujours eu lintention de faire a la France un hommage gratuit de ma decouverte, sans éxiger de privilege [2 v] d’ailleurs, comme j’en suis L’auteur, il est naturel que j’aie eu quelques idées de plus que les personnes qui l’ont saisie au vol ; et je crois pouvoir vous la présenter dans les differentes applications que j’en ai faites avec quelques perfections qu’elles n’ont pas eu le tems d’imaginer, malgré les talents que je leur reconnois.

Je suis Avec le plus profond respect Messieurs Votre tres humble et tres Obeissant serviteur

de bougnon

Si vous jugés, Messieurs, qu’il soit de quelque utilité pour le public que mon principe soit repandu vous pouvés le publier ; peut-etre que de plus habiles mecaniciens que moi en feront des applications plus heureuses que je ne pourrois les faire moi meme.

Je n’ose pas vous priér de me faire donner des nouvelles du sort de ce memoire ; Mais si par hazard vous aviés quelques eclaircissements a me demander ; je vous prie d’adresser les lettres a Besancon a mr le professeur Bullet, pour me les faire tenir a Vienne.

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Contenu

A élaboré « un nouveau principe de mecanique » fondé sur « la theorie de la chute des corps ». A appliqué en particulier ce principe à la remontée des bateaux. A présenté son invention « a deux françois », le chevalier de La Marquerie [sic] et Le Brun. Or vient d’apprendre que Le Brun est allé « solliciter un privilege en France », relatif à une question de mécanique, « a laide de protections considerable[s] que mr de La Marquerie a a Versailles ». Se demande par conséquent si ces derniers ne se sont pas arrogé son invention. Décrit celle-ci. Demande à l’Ads de lui rendre justice le cas échéant, tout en l’autorisant à diffuser sa découverte si elle le juge utile. Est disposé à donner des précisions au sujet de celle-ci. 

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