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Notice
Identification et lieu de conservation
IDC348
TitreLes commissaires des états de Bretagne aux membres de l'Académie des sciences de Paris - 18 février 1785 (Paris, Archives de l’Académie des sciences / Pochette de la séance du 16 avril 1785)
Document de référenceOui
Statut éditorialLettre retenue
Nature du documentOriginal
Lieu de conservationParis, Archives de l’Académie des sciences
CotePochette de la séance du 16 avril 1785
Intervention(s)
Expéditeur(s) et destinataire(s)
Instrument d’écriturePlume trempée dans l’encre noire
Dates
Date indiquée par le scripteur18. fev.er 1785.
 
Datation18 février 1785
Lieux
Lieu d'écriture indiqué par le scripteurRennes
Lieu d'écriture rétabli ou normaliséRennes
Lieu d'écriture indexé
Papier et cachet
Description sommaire du papier

Bifeuillet in-folio, vergé écru, filigrané

Textes

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Transcription

[1 r] Rennes le 18. Fev.er 1785.

Messieurs,

Les Etats de Bretagne pendant leur assise de l’année 1782, ont pris en considération un projet qui leur fut proposé par M. de Piré gentilhomme de la province, il tendoit 1.erement à perfectionner la navigation de la riviere de Vilaine, depuis Redon jusqu’à Rennes ; 2.dement a établir une communication navigable entre les Villes de Redon et S.t Malo par le moyen de cette rivière et de celle de Rance, qui traversant l’intérieur de la province et unissant la mer d’océan à celle de la Manche, opéreroit une jonction infiniment essentielle, surtout en tems de guerre, pour éviter les dangers qui menacent le commerce, dangers presque inévitables lorsqu’il faut doubler, à la vue de l’ennemi, les caps qui séparent les deux mers ; 3.ment des vues encore plus étendues avoient pour objet de vivifier l’intérieur des terres par un autre Canal qui, remontant aux sources de la Vilaine, se rendroit à la Loire, vers la Ville d’Angers, par des eaux rassemblées à des points de partage et par le secours de la riviere de Maïenne annexée à cette Navigation au point de Laval.

Ce plan devenoit bien plus séduisant encore, par l’assurance qui étoit donnée de pouvoir former un port [1 v] de guerre et l’établissement d’une marine Royale à S.t Malo, et d’y établir une construction et des armemens de Vaisseaux de haut bords. Cette derniere partie du projet, dont la Bretagne n’auroit point en à suporter les frais, entroit néanmoins dans les spéculations des Etats ; en effet une marine Royalle, établie dans ce lieu, intéressant par sa position, ouvroit un débouché immense à l’industrie nationale pour ses consommations et ses approvisionnemens, et donnoit au commerce des suretés multipliées dans ses relations avec les Etats du Nord. Aussi les Etats accueillirent avec empressement un plan aussi magnifique, Le Roi reçut avec bonté les ouvertures qui lui en furent faites, et la province vota aussitôt des sommes considerables, dont la premiere destination fut a vérifier la possibilité des ouvrages et les frais de leur éxécution.

Ce fut dans ces circonstances que M. Coulomb officier du génie et M. L’Abbé Rochon l’un et l’autre membres de l’académie Royale des sciences se rendirent en Bretagne avec l’agrément de Sa Majesté, M Coulomb avec le titre de conseil des Commissaires des Etats : ces Messieurs furent reçus à Rennes par les Commissaires, qui leur donnèrent connoissance de tous les matériaux preparés pour les vérifications. Ils parcoururent avec ces observateurs les differens lieux qui paroissoient les plus propres a faire esperer la réussite de l’éxécution des Canaux et de la Navigation projettée. Mais les Etats ayant repris leurs séances en l’année 1784. Ils ont vu avec regret que M. L’Abbé Rochon n’avoit laissé aucun memoire qui put leur transmettre les Connoissances qu’il avoit prises sur les difficulés de l’exécution et sur les moyens de les surmonter. Ils ont vu avec le même regret dans le compte qui leur a eté rendu que M. Coulomb arrêté par le dérangement de sa santé n’avoit pu finir en l’année 1784 [2 r] les observations qu’il avoit commencées sur les lieux pendant l’année précédente, et quoique les travaux et les examens de M. le Chevalier du Dezerseul officier du Génie, qui a secondé M. Coulomb, et ceux de M. Chezy et de plusieurs coopérateurs instruits, aient donné de fortes esperances de succés, les Etats ont cependant cru devoir d’autant plus multiplier les Vérifications, que des projets enfantés par un zèle ardent de bien public, ont besoin pour se réaliser d’estre longtems médités et suivis avec la prudence qui doit toujours accompagner les grandes entreprises.

Ils ont pensé enconsequence qu’il ne suffisoit pas de connoître la possibilité phisique de l’éxécution des canaux de Navigation, mais qu’on ne pouvoit separer cet éxamen de celui des depenses du projet et de ses avantages pour le Commerce, et la circulation intérieure auxquels il est seulement destiné aujourd’hui.

Les depenses de l’éxécution tant des anciens que des nouveaux Canaux projettés, les depenses considérables de leur entretien annuel, ces calculs doivent, suivant le vœu des Etats, s’unir et se comparer á ceux resultans des avantages du Commerce ; car la possibilité phisique qui pour se réaliser épuiseroit le tresor commun sans presenter de grands interets qui pussent faire une compensation, ne sauroit empescher les Etats de renoncer á une Entreprise á laquelle de ce moment ils ne croiroient pas pouvoir s’attacher avec sagesse. C’est dans cette position que l’assemblée nationale n’a pas balancé á appeler á son secours le corps de l’Etat dans lequel se trouvent rassemblés plus de talens. Ils nous ont prescrit, Messieurs, avant de se separer, en nous continuant leurs pouvoirs, de nous adresser de nouveau á l’académie des sciences pour obtenir que des membres honorés de son choix veuillent bien venir guider nos observations avec le flambeau de l’évidence, par de nouveaux nivellemens [2 v] et par des calculs les plus éxacts.

C’est á vos lumières, Messieurs, que les Etats ont délibéré d’accorder leur confiance, c’est au conseil de la science á donner tout l’essor au zèle patriotique ou á en modérer les élans ; ce n’est point, Messieurs, à des spéculations stériles que vous consacrez et vos veilles et tant de Travaux fruit de vos méditations ; c’est seconder vos vues que de vous inviter a en appliquer les savans resultats a un grand objet de bien public, médité dans une assemblée nationale et accueilli des regards de Sa Majesté. A tant de motifs qui assurent á vos études pénibles un titre d’honneur nous esperons que vous ne dedaignerez pas d’ajouter celui de la reconnoissance des Etats de Bretagne en vous rendant a leurs desirs, dont nous nous empressons de vous faire part.

Nous avons L’honneur d’estre avec Respect, Messieurs, Vos très humbles et très obeissants Serviteurs.

Les Commissaires des Etats pour la Navigation de Bretagne

Labbé De Rommilley Coniac1Paraphe bouclé. De la Motte fablet2Idem.

P.S. Nous joignons, Messieurs, a cette lettre le recueil imprimé des memoires ; observations et nivellemens qui ont eté presentés aux Etats dans leur derniere assemblée.

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