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Notice
Identification et lieu de conservation
IDC370
TitreCONDORCET à VOLTAIRE - 22 [juillet 1774] (Paris, collection particulière)
Document de référenceOui
Statut éditorialLettre retenue
Nature du documentOriginal
Lieu de conservationParis, collection particulière
Intervention(s)
Expéditeur(s) et destinataire(s)
Instrument d’écriturePlume trempée dans l’encre noire
Dates
Date indiquée par le scripteurCe 22.
Datation22 [juillet 1774]
Référence(s)
Catalogue(s) de vente
Vente(s)

Autres ventes : Charavay sale (Paris 11 avril 1876), p. 9, no. 112 ; Blaizot (Paris octobre-novembre 1949), p. 10, no. 523 ; Sotheby (London 11 June 1968), p. 52, no. 116.

 

Textes

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Transcription

[1 r] Ce 22.

Vous savez sans doute la nomination de M. Turgot. Il ne pouvait |rien| arriver de plus heureux à la France et à la raison humaine. Jamais il n’est entré dans aucun conseil de monarque d’home qui reunit à ce point la vertu, le courage, le desinteressement, l’amour du bien public, les lumieres et le zele pour les répandre. Depuis cet evenement je dors et je me reveille aussi tranquilement que si j’etais sous la protection de toutes les loix de l’Angleterre. J’ai presque cessé de m’interesser pour les choses publiques tant je suis sur qu’elles ne peuvent manquer de bien aller.

[1 v] M. Turgot est un de vos admirateurs les plus passionés ; et un de mes meilleurs amis, ainsi nous aurions des raisons particulieres d’être heureux <qu> si les raisons particulieres pouvaient se faire entendre ici.

Je vous envoie, mon cher et illustre maitre un exemplaire imprimè de l’Eloge de Fontaine, non pas que j’imagine que vous puissiez avoir le tems de le relire mais come un homage. C’est beaucoup pour moi que vous <daignez> daigniez lire une fois ce que j’ecris.

Le choix de M. Turgot merite d’être célébré par tous ceux qui s’interessent à la bone cause, on a pu nazilloner aux oreilles du roi quelques complimens sur les choix edifians qu’il avait |faits| jusqu’ici, il est juste qu’il [2 r] s’accoutume <pour> en recompense de celui qu’il vient de faire a <attendre> entendre une autre melodie.

Les princes |d’Orléans| ont eu ordre de ne point paraitre à la cour parce qu’ils n’ont pas voulu paraitre au catafalque et y saluer le parlement.. C’est une tracasserie qui n’influera point sur les affaires publiques ; ce Parlement-ci est vil et méprisé, l’ancien etait insolent et hai, tous deux etaient sots et fanatiques. Il en faut un troisiême, et j espere que c’est ce qui va arriver, et qu’on n’y souffrira ni les assassins de La Barre ni leur esprit. L’infame Pasquier est dans la dévotion et dans l’opprobre. Le St Fargeau se pavane dans ses terres admiré de ses valets. Michau n’est |aux yeux du public|qu’un brouillon sans courage et sans talens. Le reste ne vaut pas même l’honeur d’être nomé.

[2 v] C’est aujourd’hui la fête de Ste Madeleine. Croyez vous que jamais il y ait rien |eu| d’aussi atroce et d’aussi bête que <d’avoir> de punir de mort un <pauvre> home pour avoir dit qu’elle etait une p… et cela dix huit siecles après qu’elle eut cessé de l’être, [... ?] come on avait exilé des gens pour avoir dit la même chose <de la maitresse> des maitresses de quelques rois. On a cru devoir proportionner la peine à la dignité de l’amant, et que la mort n’etait pas trop pour qui oserait médire de la maitresse du bon Dieu.

Adieu, mon cher et illustre maitre, vivez pour voir des jours heureux, et pour les célébrer, car on espere que Ste Antoinette de Lorraine reparera l’énorme sottise de Ste <Clotilde> Ste Clotilde.

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Contenu

Se réjouit de la nomination de Turgot – une victoire des Lumières - en rappelant ses vertus morales et ses qualités politiques. Confiance absolue dans son gouvernement. Rappelle que Turgot est l’un des admirateurs les plus passionnés de Voltaire. Lui envoie un exemplaire imprimé de l’Eloge de Fontaine. Hommage et plaisir du disciple que d’avoir un lecteur si digne. Le choix de Turgot fait date et mérite d’être récompensé et glorifié pour la bonne cause. L’insoumission des princes d’Orléans, n’ayant pas voulu saluer le Parlement, s’est traduite par l’ordre de ne point paraître à la cour. Mais ce nouveau parlement, vil et méprisé, ne vaut pas mieux que l’ancien, sot et fanatique. Il en faudrait un troisième où l’on ne souffrira pas les assassins de La Barre (Pasquier, Saint-Fargeau, Michau). Quoi de plus atroce que de punir un homme de mort pour avoir dit, huit siècles après sa mort, que Madeleine était une putain ? Vœux pour un futur meilleur et pour l’avènement des Lumières sous le nouveau règne.

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