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Notice
Identification et lieu de conservation
IDC1770
TitreJulie Jeanne Eleonore DE LESPINASSE à CONDORCET - 9 octobre 1775 (Localisation inconnue (anciennement Paris, Musée des lettres et manuscrits) / pièce n°37883[-2])
Document de référenceOui
Statut éditorialLettre retenue
Nature du documentOriginal
Lieu de conservationLocalisation inconnue (anciennement Paris, Musée des lettres et manuscrits)
Cotepièce n°37883[-2]
Intervention(s)
Expéditeur(s) et destinataire(s)
Instrument d’écriturePlume trempée dans l’encre noire
Dates
Date indiquée par le scripteurCe 9 octobre 1775
Datation9 octobre 1775
Papier et cachet
Description sommaire du papier

Bifeuillet in-4°, vergé écru, filigrané.

Pièce(s) jointe(s) ou liée(s)
Lettre(s) « de » ou « à » Condorcet
Référence(s)
Imprimé(s)
Catalogue(s) de vente
Textes

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Transcription

[1 r] ce lundi1Mot en partie couvert par une tache d’encre. 9 8bre 1775

Que vous etes aimable, bon Condorcet, d’avoir trouvé le moment de me donner de vos nouvelles de partout ; il y a un tems infini que je ne vous ai ecrit, et c’est assurement a mon grand regret ; l’histoire de la princesse de Poix ma charmée et la circonstance du souflet y ajoute un interet infini. Ce que vous dites de ce prince de Croisi, ce melange de vertus et de sotises contrastent [sic] d’une maniere singuliere, mais comme vous dites, il est bien facheux d’être forcé de se moquer de ce qu’on estime. J’ai ete bien peu contente de ce que vous m’avés repondu sur les reparations de votre maison et sur le danger dont pouvoit [sic] être les platres neufs. Vous dites que vous les ferés eviter a Madame votre mere, cela est bien, il n’y aura que dans votre chambre ou il y en aura mais vous êtes bien sur quil ne vous fera pas mal ? De bonne foi cela peut il s’entendre ? Avés vous un secret un art, un preservatif, contre l’influence du platre et si vous n’en avés point ? Y a t il de la raison, a vous y exposer : mon ami croyés moi ne prodigués [1 v] ni votre santé, ni votre vüe, il n’y a plus de bonheur avec de certaine privation, et quand ce n’est plus qu’a force de vertu, ou de philosophie qu’on suporte la vie, ce n’est pas trop la peine d’y rester.

J’ai fait vos deux comissions auprès de Mr d’Aranda et voila sa reponse dans une notte ci jointe ; si vous faites bien vous vous adresserés a M le chevalier de Magallon, qui a une place qui le met a portée de faire ce que vous desirés, ou par lui, ou par son credit. Il est aussi obligeant que Mr d Aranda l’est peu, Mr de Magallon doit etre a present a Madrid. Il est conseiller ou president du conseil des Indes. Vous devriés lui ecrire. Mr de Guibert trouve la pension bien chere. Il atendra encore ; il ma bien demandé de vos nouvelles, il a passé huit jours ici en revenant de Mets, il a emporté cent volumes inquarto pour repondre a M de Meni Durand, il va ecrire sur l’art de s’egorger avec plus ou moins de celerite. M.rs de Broglies et toutes les troupes [2 r] sont entrainés par l’avis de Mr de Meni Durand, cependant le procès n’est pas encore jugé. Mr de Guibert va faire le metier de raporteur et d’avocat general, je lui ai recomandé de se rendre aussi interessant que Mr Seguier. Vous savés que Mr Suard a ete au Havre avec Mr et Mde de Vaines. Ils ont fait ce voyage pour distraire Mr de Vaines qui est resté acablé sous le coup de massüe qu’il a reçu, les gueux qui l’ont porté ne sont point decouverts il y a eu dans cette affaire des circonstances bien affligeantes. Il y a un siecle que je n’ai vu Mr Turgot, l’on dit quil a ete respirer, se delasser au Tremblai chès Mde sa sœur ; j’avoüe que voila un delassement qui me paroit mille fois plus penible que le travail le plus violent.

Mr Trudaine ne vous a donc point fait de reponse sur cette affaire de Mr de Montigni de l’Orient ? Jugés par cette misere du malheur affreux qu’il y a de dependre de Mr Trudaine ; ha mon dieu combien il y a <des [?]> de gens qu’on dit honetes, qui font le mal sans scrupule et sans remords. Mr de S.t-Chamans est un peu mieux, mais c’est de si peu qu’en verité on ne peut pas y prendre grande confiance, il ne veut voir que Mr Lorri. Ma confiance [2 v] aux medecins est si foible que je n’ai pas beaucoup de force pour combatre la repugnance qu’il a pour les voir, cependant je crains que Lorri ne se meprenne c’est un grand malheur que d’avoir besoin des secours des aveugles, il semble quon tomberoit bien sans eux et que l’apui qu’on cherche n’est bon qu’a vous precipiter plus vite dans l’abime.

Je ne crois pas que le comte de Crillon vous ecrive, il n’a le tems de rien, sa fortune et sa femme rempliroient l’eternite entiere. Vous n’en parlerés jamais, mais il faut que vous sachiés que Mde de Crillon nous disoit il y a deux jours, qu’elle n’avoit point trouvé d’amour dans Clarisse ; n’est il pas bien ravissant d’etre aimé par une ame aussi bien exercée, et qui se connoit si bien en passion ! Son mari fut de son avis ! Et ce quil y a de facheux, c’est que ce ne fut point par complaisance qu’ils sont heureux ! Adieu bon Condorcet, je me suis dedomagée aujourdhui d’avoir ete si long tems privée du plaisir de causer avec vous. Parlés moi de votre retour, Mr d Alembert se porte bien. Mr Saurin a craché hier beaucoup de sang, cela me fache fort.

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