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Notice
Identification et lieu de conservation
IDC2904
TitreBalthazard Louis BLANC à Membres de l'Académie des sciences de Paris - 29 avril 1774 (Paris, Archives de l’Académie des sciences / Carton de documents non classés n° 2)
Document de référenceOui
Statut éditorialLettre retenue
Nature du documentOriginal
Lieu de conservationParis, Archives de l’Académie des sciences
CoteCarton de documents non classés n° 2
Intervention(s)
Expéditeur(s) et destinataire(s)
Instrument d’écriturePlume trempée dans l’encre noire
Dates
Date indiquée par le scripteurce 29 avril 1774
Datation29 avril 1774
Textes

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Transcription

[1 r] Messieurs

Je suis dans la confiance que vous ne désapprouverés point la liberté que prend un homme qui cherche, de bonne foi, la vérité en les choses et qui est convaincu de <touttes> toutte l’étendue de vos lumiéres, de s’adresser à vous comme aux personnes les plus éclairées de l’Europe, pour soumettre à vôtre jugement les matiéres ci dessous portées.

Il y a environ huit mois que je reçois la visite d’une personne douée d’un génie si supérieur que je n’avois jamais eu l’idée d’un pareil. Cette personne est instruite en les sciences au dela de ce qu’il semble n’étre pas concevable de l’étre. Elle a eu la bonté de me donner quelques leçons. Mais les matiéres que cette personne m’a developpé me paroissent étre d’une nature si sublime que, dans certains moments, je douterois présque qu’elle portassent l’empreinte de la verité qu’elles renferment. J’ai voulu m’en entretenir avec quelques amis particuliers en qui j’avois cru de la consistance et de la pénétration en l’esprit. Ils n’ont pas pu me comprendre. Je me suis adressé à d’autres personnages réputés sçavants dans nôtre province : <croiés [?]> croirés-vous, messieurs, [1 v] qu’aucun d’eux n’a sçu, non plus, m’entendre ? Quoi ! Me suis-je dit, tu comprens ce que tu dis, et ceux à qui tu parles ne te comprenent pas ! Es-tu devenu un étre différent des autres hommes ! Autrefois on se plaisoit à ta conversation quand tu parlois frivolité : maintenant que tu parles raison, on te fuit ! Que sont, donc, les hommes ! Ou eux ou toi étes délirants. Cependant mes actions sont suivies : elles sont soutenues. Les principes dont je me nourris |me| semblent étre amenés de la premiére source. Serois-je dans l’erreur ! Non, je ne le crois pas.

Je me <jette> mets à vos pieds, messieurs, et vous demande, les larmes aux yeux, de jetter un regard de compassion sur un mortel fui et délaissé de tous ses compatriotes. Aucun d’eux, même ses amis qui se disoient lui étre <le> les plus attachés, n’a eu la charité de s’intéresser à lui aux fins de lui fournir quelques secours, dans le cas où il en aura besoin, pour remettre son esprit et sa raison au point du siége d’où l’on croit qu’ils sont déchus. Je vous demande, messieurs, d’étre éclairé de vos salutaires conseils. Je vous juge trop sages, trop humains pour refuser vôtre ministére à votre semblable.

Je vais entrer en matiére et vous faire part, entr’autres infinies choses que cette personne en question m’a démontré, de celles qui me semblent les plus intéressantes dans les circonstances présentes, et pour le tems auquel nous arrivons.

Premiérement. Cette personne m’a dit que les hommes, en général, ne croioient que foiblement en l’existance d’un dieu éternel, seul maitre et créateur de tout ce qui est, et qu’en conséquence les hommes perdoient de vuë la seule chose pour laquelle ils ont été amenés en ce monde, laquelle est de travailler au salut éternel de leur ame. Pour me convaincre de cette vérité, aux fins que je n’eusse pas le moindre doute sur la réalité d’un dieu éternel, voici ce que cette personne m’a dicté.

[2 r] L’homme fait en tout à la ressemblance et image de Dieu, a sous ses yeux, dans ce vaste univers où Dieu l’a placé, la figure ou le portrait, tant en lui même que hors de lui, de tout ce qui est en Dieu comme hors de Dieu.

L’homme concevra facilement, pour peu qu’il veuille y prêter son attention, que tout ce qui est en Dieu et hors de Dieu, comparé à l’homme, est si exactement ressemblant et conforme, en tout et par tout, à ce qui est <dans> en l’homme et hors de l’homme, qu’il est non seulement impossible mais même inconcevable que les choses <créés> créées de Dieu ainsi que celles émanées des hommes, puissent n’étre pas dans l’ordre un1Ce mot aurait sans doute dû être barré, à moins que un ou plusieurs mots à proximité de celui-ci aient été oubliés. pour se succéder les unes aux autres, comme il tombe sous les sens, par conviction, en la nature que, par exemple, les corps graves occupent les lieux bas, et les corps légers, les lieux hauts. Puis qu’il seroit impossible de concevoir qu’un corps rare et léger fut précipité, spontanément, dans les lieux les plus bas et que, spontanément aussi, un corps dense et pezant s’élevat au plus haut de tous les lieux.

On nous accordera, sans doute, que cet exemple que nous apportons en la nature de chaque et de touttes les choses comparées entr’elles, tant en leur poids qu’en leur masse, aux fins d’étre relatives ou différentes : analogues ou contraires les unes aux autres, de maniére a s’approcher ou s’écarter : a s’unir ou se rejetter, reciproquement, plus ou moins suivant leur dégré ou d’affinité ou de disproportion ; on nous accordera <,> sans doute, disons-nous, que cet exemple par nous apporté en l’accord ou le non-accord des étres, par les sens soit spirituels soit corporels de l’homme ; uns et compris, manifeste que touttes et chaque choses ont leurs qualités, leurs propriétés et leurs vertus unes. Si bien que chaque étre, dans sa classe une, est exactement dissemblant et parfaitement distinct de tous autres étres qui ne sont pas de cette de classe une. Autrement il y auroit une homogénéïté en touttes choses. Par conséquent il ne scauroit y avoir que les mêmes et uns effets en tout et partout, puisqu’il n’y auroit aucune variété entre aucun des étres.

Donc, touttes choses étants unes, il n’y auroit dans la nature ni vertu ni proprieté ni qualité en aucun des étres. Car quelle notion peut on avoir de la vertu, de la proprieté ou de la qualité d’un corps ou d’un étre si l’on n’a pas, auparavant, la notion contraire à <cette> ces d. vertu, propriété, qualité reconnus en ce d. corps ou étre ?

Par exemple, encore, coment sçaurions nous que le froid est le contraire du chaud, si nous n’avions pas la notion du chaud ?

Coment sçaurions nous que le noir est l’opposé du blanc, si le blanc n’avoit pas été, de nous conçu ?

[2 v] Coment distinguerions nous les ténébres de la clarté, si l’homme n’avoit aucune idée de la lumiére ? et ainsi de suite.

Donc nous sçavons que pour corriger ou pour chasser le froid, il faut du chaud : que pour éclaircir du noir, il faut du blanc : que pour dissiper les ténébres, la clarté est absolument nécessaire.

Donc voila des vertus, des propriétés et des qualités en des étres lesquelles ne sont reconnues telles que par la connoissance que nous avons d’autres étres en qui ces d. vertus, qualités et proprietés ne sont pas.

Donc voila des différences, des dissemblances, des non-accords, des oppositions, des contrariétés, des antipaties même entre certains et plusieurs corps ou étres qui sont dans la nature. Tous les hommes, d’aprés leur propre expériance, sont convaincus de ces varietés en ces d. corps ou étres ; tous les hommes conçoivent qu’il est impossible et inconcevable que le froid puisse jamais étre le chaud et en avoir les qualités : que le noir puisse jamais produire le même effet sur nos sens que le blanc : que les ténébres puissent jamais éclairer l’homme ainsi que le fait la lumiére.

Donc, encore une fois, il est indispensablement, absolument et completement nécessaire que l’homogénéïté ne soit point entre tous les étres qui, entre tous, forment la nature, puisque nous venons de le dire, il n’y auroit aucune variété en leurs effets. Ces d. effets ne seroient ni vus, ni apperçus, ni jugés et, encore moins, conçus par aucun des étres, puisque chaque étre sçauroit se suffire à lui même n’aiant rien a emprunter d’aucun autre étre, puisque chaque étre se regarderoit, avec tous les autres étres, comme un ne trouvant rien en les autres étres qui put le modifier jamais différemment que ce qu’il l’est2Lire qu’il est..

Par conséquent, tous les étres, si c’etoient des étres pensants, ne seroient seulement que dans la contemplation d’eux-mêmes, ne seroient que dans un cercle borné de leur connoissance et intelligence, ne seroient que dans une continuelle uniformité de sentiments et de sensations, seroient sans amour, sans appetit, sans dédain, sans aversion. De sorte que les étres épuisés, avec le tems, en eux memes par leur propre mouvement (nous entendrons les etres intelligents) languiroient, sécheroient et se décomposeroient par la raison que nous avons déja rapportée que, ne pouvants rien emprunter d’ailleurs, il se fairoit une consomption en eux de substance sans réparation aucune de leur d. substance, car un étre ne donneroit pas à un autre ce qui est nécessaire à lui, tout prémiérement, parce que sa propre substance décroissant, de moment en moment lui deviendroit toujours plus précieuse. L’étre en seroit d’autant plus avare [3 r] et soigneux, par conséquent, de se la conserver afin d’étre décomposé moins tôt.

Donc, encore une fois, voila que les étres ne seroient que pour eux seuls : occupés que d’eux seuls : intéressés que pour eux seuls.

Donc la passivité une seroit la fin une qui les attendroit.

Donc l’action et le mouvement finiroient complétement en tous les étres.

Donc les étres dont l’existance seroit limitée ne sçauroient jamais étre éternels.

Donc il n’y auroit point eu de principe pour les amener au point de leur premiere éxistance.

Donc ils n’auroient jamais subsisté.

Donc la nature n’auroit jamais été.

Donc, enfin, la nature existant : les étres y étants vivifiés, il faut ; et il n’est pas possible de le concevoir autrement ; il faut, disons-nous, un étre premier, éternel, qui n’ait jamais commencé ; inaltérable d’où tout émane ; tout puissant, auteur un de touttes vertus, proprietés et qualités en tous les étres : partout présent pour <l> alimenter tous les étres et les empécher de sécher et de se décomposer.

Il faut, donc, que cet étre un, premier, éternel, inaltérable, tout puissant soit ; et il est impossible que cela ne soit ainsi ; en tous les corps, en tous les étres, en tous les espaces, en tous les lieux. En un mot, il faut que cet un, premier étre remplisse tout, et que tous les étres qui ne sont pas cet étre soient en lui, de lui et par lui.

Donc, enfin, il est de toutte impossibilité phisique, morale, de quelle natute que puisse jamais étre conçue cette impossibilité ; il est de toutte impossibilité, disons-nous, qu’un dieu eternel puisse ne pas exister tel qu’il est et avoir jamais pu commencer.

__________

Pour peu, messieurs, que vous étudiés ce que vous venés de lire et que vous vous en penetriés, vous devés étre convaincus comme je crois l’étre, que cette d. personne m’a bien démontré l’existance de nôtre dieu. Si vous pouvés impugner ses raisons, daignés me faire parvenir vos réfléxions afin que je les lui communique. En attendant, permettés que je vous entretienne encore quelques moments en vous rapportant ce que cette personne me charge de vous présenter. Il est question, ici, de l’apocalypse du Grand Saint Jean. Prenés la paine de l’avoir sous vos yeux aux fins de vous convaincre de la verité de la chose qui va étre démontrée. Cette d. personne m’a donné la clef de l’apocalypse. Vous en jugerés par ce qui suit.

[3 v]

Démonstration

Pour trouver le commencement du fil a dévuider qui, en forme de peloton, enveloppe de touttes parts de mistére et le problême de l’apocalypse : il faut le chercher dans le second ou troisiéme verset du onziéme chapitre : Il y est dit.

2. verset. Mais laissés le parvis qui est hors du temple, et ne le mesurés pas. Parce qu’il a été abandonné aux gentils et qu’ils fouleront aux pieds la ville sainte pendant quarante deux mois.

3. verset. Mais je donnerai ordre à ces deux témoins de prophetiser pendant mille deux cent soixante jours.

Les quarante deux mois de trente jours, chaque mois, donnants mille deux cent soixante jours : et vice versâ, mille deux cent soixante jours donnants quarante deux mois, marquent la durée des hommes sur la terre, et la durée de la nature vivifiée.

Les sept églises d’Asie dont les quatre premiéres sont exposées dans le second chapitre : et les trois dernieres dans le troisiéme chapitre : plus les sept sceaux dont six sont portés dans le sixiéme chapitre : et le septieme sceau, avec tout ce qu’il renferme, porté, aussi, dans les huitiéme, neuviéme et dixiéme chapitres ; tant les sept églises que les sept sceaux marquent les siécles qui se sont écoulés, qui s’écoulent et qui s’écouleront depuis l’avenue3Confusion avec la venue. de Jesus-Christ jusqu’à la fin du monde.

Cela posé. Il faut, 1.°, convertir en ans les mille deux cent soixante jours.

2.° Il faut multiplier ce nombre d’ans par les sept églises ou par les sept sceaux. Le produit sera huit mille, huit cent, vingt ans.

La durée des hommes, sur la terre, commencée aprés la création du monde jusqu’au trente du mois de juin prochain, inclusivement, de cette année mille sept cent soixante et quatorze, aura été de six mille ; neuf cent, soixante et douze ans, six mois.

Si l’on ajoute, à ce dernier nombre d’ans, mille, huit cent, quarante sept ans, six mois : on aura, par l’addition de ces deux nombres, celui de huit mille, huit cent, vingt ans. Lequel, comme nous venons de le dire, sera la durée compléte des hommes sur la terre.

[4 r] En effet, depuis la création d’Adam le premier des hommes, jusqu’au déluge universel, il s’est écoulé, suivant le martyrologe, deux mille, huit cent, cinquante quatre ans ci -- 2854 ans.

Depuis le déluge universel jusqu’à la nativité de nôtre seigneur Jesus-Christ, deux mille, trois cent, quarante quatre ans : ci 2344.

Depuis la nativité de nôtre Seigneur Jésus-Christ, jusqu’à la fin des sept églises, mille, sept cent, soixante et quatorze ans, six mois ci 1774 -- 6 mois.

Depuis la fin des sept églises, jusqu’au jugement universel qui sera la fin du monde où tous les tems seront passés et que l’éternité, pour les choses <créés> créées, commencera : il s’écoulera et se sera écoulé mille, huit cent, quarante sept ans, six mois ci 1847-- 6 mois.

__________

Total des ans, huit mille, huit cent, vingt, ci 8820

Cela encore posé, il s’ensuivra que les sept églises commencées l’an 1 de Jesus-Christ finiront le trente du mois de juin mille, sept cent, soixante et quatorze.

La preuve en est que la premiére des églises, celle d’Éphése, aiant commencé l’an 1 de Jesus-Christ, le pasteur un, seul, des églises : poursuivie, cette premiére église, par Saint Pierre premier apotre comme premier vicaire du divin pasteur sur la terre : lequel d. Saint Pierre a été le premier des papes qui lui ont succédé ; il s’ensuit que Clément quatorze sera le dernier pape qui finira l’église de Laodicée annoncée, dans l’apocalypse, la derniere.

Ainsi ce principe vrai, établi : les hommes sçauront que la durée de chaque eglise a été de deux cent cinquante trois ans, six mois.

En effet, encore, la premiére église, celle d’Éphése, commencée le premier janvier, jour de la circonsision de Jesus-Christ qu’il entra pour la premiére fois dans le temple du Seigneur Dieu : commencée, disons-nous, la d. église l’an 1 de la naissance de nôtre divin sauveur, a fini le trente du mois de juin l’an deux cent, cinquante trois.

La seconde église ; celle de Smyrne, commencée le 1.er du mois de juillet l’an deux cent cinquante trois ; a fini le trente du mois de décembre l’an cinq cent sept.

[4 v] La troisiéme église ; celle de Pergame, commencée le premier du mois de janvier l’an cinq cent huit ; a fini le trente du mois de juin l’an sept cent soixante.

La quatriéme église ; celle de Thyatire, commencée le premier du mois de juillet l’an sept cent soixante ; a fini le trente un du mois de décembre, l’an mille quatorze.

La cinquiéme église ; celle de Sardes, commencée le premier du mois de janvier l’an mille quinze ; a fini le trente du mois de juin douze cent soixante sept.

La sixiéme église ; celle de Philadelphie, commencée le premier du mois de juillet l’an douze cent soixante sept ; a fini le trente un du mois de décembre l’an quinze cent vingt un.

La septiéme église enfin ; celle de Laodicée, commencée le premier du mois de janvier l’an quinze cent vingt deux ; finira, ni plûtôt ni plûtard, le trente du mois de juin, minuit sonnant, l’an de nôtre seigneur Jesus-Christ, mille sept cent soixante et quatorze.

Les sept églises seront, donc, finies le trente du mois de juin prochain en cette année 1774. Par conséquent, le landemain, au coup de minuit, qui sera le premier mois de juillet de cette courante année 1774, le premier des sept sceaux commencera. Combien de tems, entre tous, dureront les sept sceaux ? Mille, huit cent, quarante sept ans, six mois ci ---- 1847 ans 6 mois.

Poursuivons nôtre démonstration jusqu’à la fin des tems.

Le sixiéme chapitre de l’apocalypse porte les six premiers sceaux. La durée de chaque d’eux sera de soixante et dix ans. Nous aurons quatre cent vingt ans.

Passons par dessus le septiéme chapitre et entrons dans le huitiéme qui renferme une partie du septiéme sceau. Coment parle ce chapitre ?

1. verset. Lorsqu’il eut ouvert le septiéme sceau, il se fit un grand silence dans le ciel pendant prés de demi heure.

Quelle est la durée de la demi heure ?

Pour déterminer cette durée il faut revenir sur nos principes. Nous y voions que les jours sont autant de sept années. Donc un jour vaudra quatre vingt quatre mois. Donc douze heures vaudront quarante deux mois. Donc six heures vaudront vingt un mois. Donc trois heures vaudront dix mois quinze jours. Donc une heure, étant le tiers de trois heures, vaudra le tiers de dix mois quinze jours : c’est a dire qu’une heure vaudra trois mois quinze jours. Donc la demi heure vaudra un mois, vingt deux jours, douze heures.

[5 r] Mais il est dit en le verset ci dessus, pendant prés de demi heure. Donc la demi heure n’etoit pas compléte. Donc il y avoit moins de demi heure. Cependant peu s’en faloit que la demi heure n’y fut. Retranchons, donc, douze heures, pour ce peu qui manquoit à la demi heure. Il nous restera, net, un mois vingt deux jours. C’est a dire cinquante deux jours.

Sur ce pied là nous aurons a déduire des 1847 ans, 6 mois qui doivent s’écouler depuis la fin des églises qui sera le 30 juin 1774 : primo, les quatre cent vingt ans de la durée des six premiers sceaux : secundo, cinquante deux jours pour la demi heure présqu’entiére. Combien nous restera-t’il d’ans ? Mille, quatre cent, vingt sept ans, quatre mois, huit jours.

2. verset. Et je vis les sept anges qui assistent devant Dieu, et on leur donna sept trompettes.

La durée des quatre anges premiers, portés dans ce chapitre huitiéme, sonnants la trompette sera, pour chacun d’eux, de soixante et dix ans ainsi que la durée de chaque des six premiers sceaux. Nous aurons quatre fois soixante et dix ans qui, additionnés, donneront deux cent quatre vingts <ants> ans. Ce produit soustrait des mille, quatre cent, vingt sept ans, quatre mois, huit jours : il ne nous restera plus que onze cent, quarante sept ans, quatre mois, huit jours.

Maintenant, passons au neuviéme chapitre. Nous y lisons, en le premier verset, que le cinquieme ange sonna la trompette. Plus4Confusion avec Puis. nous y lisons

5. verset. Et il leur fut donné pouvoir, non de les tuer, mais de les tourmenter pendant cinq mois &c.

10. verset. Leurs queues étoient comme celles des scorpions, aiants des pointes piquantes ; et elles avoient pouvoir de faire mal aux hommes pendant cinq mois.

Chacun doit sentir que lescinq mois portés dans le 5.éme verset, et les cinq mois portés, aussi, dans le dixiéme, sont les mêmes. Combien d’ans fairont ces cinq mois ? Revenons encore à nos principes. Les mois sont de trente jours. Donc nous aurons cent cinquante jours. Mais chaque jour vaut sept ans. Donc les cent cinquante jours ou les cinq mois vaudront mille cinquante ans. Déduisons ces mille cinquante ans des onze cent, quarante sept ans, quatre mois, huit jours : nous aurons, encore, quatre vingt dix sept ans, quatre mois, huit jours.

[5 v] Poursuivons sans sortir de ce neuviéme chapitre. Nous lisons au

15. verset. Il délia ces quatre anges qui étoient préts pour l’heure, le jour, le mois et l’an.

Il est de fait que ces mots an, mois, jour et heure sonnent ici ce qu’ils expriment. Car, en effet, ces quatre anges déliés agirent ou agiront pendant un an, un mois, un jour et une heure. Par conséquent nous |avons| a retrancher la durée de ce tems, des quatre vingt dix sept ans, quatre mois, huit jours mentionnés <cy> ci dessus. Donc, cette déduction faite, nous n’aurons plus que quatre vingt, seze ans, trois mois, six jours, vingt trois heures.

Alors au dixiéme chapitre il y est dit au

3. verset. Il cria d’une voix forte comme un lion qui rugit, et aprés qu’il eut crié on entendit la voix de sept tonnerres qui parlerent.

Combien de tems parlerent ou parleront ces sept tonnerres ?

Soixante et onze ans, neuf mois, six jours, vingt trois heures ; tous à la fois.

Coment le sçavons nous ?

Vous me dispenserés, messieurs, d’apporter ici les preuves de tout ce que j’avance. Ces preuves sont extremement longues. Elles portent avec elles la conviction de la chose en l’entendement de l’homme. Si je suis assés heureux que d’etre rendu à Paris dans peu, ainsi qu’il seroit dans l’ordre de la sagesse que j’y fasse, je me fairai un plaisir et un devoir de vous les donner. Interessés vous pour moi à cette fin. Vous vous en féliciterés tous en particulier.

Vous sçaurés tant seulement, pour le présent, que ces sept tonnerres sont sept élus de Dieu qui tacheront de répandre par tout le monde la vérité des choses qui aura été effacée du cœur de présque tous les hommes, dans ces malheureux tems. Ces sept élus seront envoiés au martire, vingt quatre ans et demi avant la fin du monde. Si bien, ce que nous avançons ici, en dernier lieu, est vrai que le onziéme chapitre porte en le

11. verset. Mais à la fin de trois jours et demi je vis que Dieu fit entrer en eux (c’est a dire les deux prophetes qui sont la foi et l’esperance en Dieu en le cœur de tous les justes depuis la création du monde jusqu’au jugement universel) l’esprit de vie et qu’ils se leverent sur leurs pieds, &c. (ce qui marque la ressurrecsion des morts et la fin derniere).

L’on sçait déja, d’aprés nos principes, qu’un jour de l’apocalypse vaut sept ans. Donc trois jours et demi vaudront vingt quatre ans, six mois. Ces [6 r] vingt quatre ans, six mois seront les derniers de tous les ans qui fairont la cloture du grand théatre du monde ou des tems aprés lesquels, immédiatement, commencera l’éternité pour les choses créées.

Récapitulation

La durée des six premiers sceaux, de soixante et dix ans, chaque, quatre cent vingt ans ci

420 ans

la durée de la demi heure presqu’entiére 1 mois 22 jours

la durée des 4 premiers anges sonnants la trompette 280

la durée du 5.éme ange sonnant la trompette 1050.

la durée des 4 anges déliés sonnants la trompette, tous à la fois 1. 1. 1. 1 heure

la durée des sept tonnerres qui parlent ou parleront, tous sept à la fois 71. 9. 6. 23.

la durée de la mort des deux prophetes 24. 6

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Total --------------------------------------------1847 ans 6 mois

Si l’on rapporte à ce nombre d’années les six mille, neuf cent, soixante et douze ans, six mois écoulés depuis la création du monde jusqu’a la fin des sept eglises : nous aurons d’une part 6972 ans 6 mois

plus, d’autre part 1847. 6.

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Total général 8820 ans

Ce compte, ce calcul, est aussi vrai qu’il est clair et démontré.

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Cependant, messieurs, aurois-je mon entendement fasciné ! Une illusion seroit-elle portée au devant de mon ame pour la surprendre ! Vous, sages et éclairés ! Désabusés moi si je suis dans l’erreur ! La charité ne siége point dans Marseille ma ville. Je suis réputé fol parce que je suis devenu sage. Les esprits-forts de cette ville m’ont calomnié et ont ruïné, de fond en comble, et ma réputation et ma fortune. J’ai vécu sans tache jusqu’à l’age de 49 ans où je suis parvenu. Je coulois mes jours tranquilles dans la retraite, occupé a donner une èducation chrétienne à sept enfants que la providence m’a donné. Quoique vœuf depuis plus de [6 v] trois ans et pauvre, mes enfants ne manquoient de rien par mon œconomie et par mon industrie. Ma profession de medecin que j’exerçois honnorablement fournissoit à mes plus pressants besoins. On m’a fait passer pour fol, j’ai été délaissé5Confusion avec délesté ? de touttes mes pratiques. Qu’ai-je du faire, messieurs, reduit dans ce déplorable état ! Me voiant sur le point de tomber dans la plus affreuse misére moi et mes pauvres enfants ! Je suis sorti de ma ville, avec vingt écus, dans le mois de novembre dernier pour tacher de faire imprimer un opuscule que les échevins de <m’av> Marseille m’avoient refusé a la sollicitation de mes ennémis. Cet opuscule tendoit aux fins de faire revenir le public de ma ville contre moi faussement prévenu. Mes calomniateurs m’ont poursuivi en tous les lieux de ma province où je me suis présenté. Ils ont soulevé contre moi toutte ma courte parenté |de Marseille,| c’est a dire deux cousines dont l’une est plus qu’octogénaire et l’autre n’a pas le sens commun. Si bien que, dans le tems que j’etois rendu à Aix où j’ai séjourné six semaines dans le dessein de me mettre sous la protection du parlement de Provence, une lettre de cachet expediée du bureau de monseigneur le duc de La Vrilliere m’a exilé à S.t Pierre de Canon, maison de force prés Salon, éloigné d’Aix de cinq heures. J’ai été inhumainement enlevé, sans voir été entendu, à mes pauvres enfants dont cinq sont dans l’age le plus tendre. Ces deux imbecilles parentes en prennent soin suivant ce qui m’a été rapporté, car je n’en ai reçu aucunes nouvelles. Mais ces deux parentes ne sont ni leur pére ni leur mére.

J’ai adressé, depuis prés de deux mois que je suis privé de ma liberté, deux placets, l’un à monseigneur le chancelier, et l’autre à monseigneur le duc de La Vrilliere. Vraisemblablement je n’ai point été lu de ces seigneurs. Ils se seroient rendus aux raisons <que> inexpugnables que je leur déduis en ma justification. Mais n’aiant [7 r] personne qui me protége auprés d’eux je vis dans l’abandon de tous les hommes. Je me console avec mon dieu. Cependant, ne fairés vous rien pour moi, messieurs, auprés de ces seigneurs ? Faut-il parce que je fais profession publique de croire de bonne foi la réligion chretienne que je sois persécuté comme si je vivois en le païs des idolatres qui faisoient trainer au supplice les fidéles de Jesus-Christ pour ne pas encenser leurs idoles ? De quoi m’accuse-t’on ? Quels sont mes crimes ? Suis-je condamné a périr sans qu’il ne soit permis de me deffendre ! Ne me nommera-t’on pas des juges pour me faire mon procés en régle ?

Au nom de Dieu, messieurs, vous étes humains ! Vous avés des entrailles ! Attendrissés vous sur le sort cruel que la mechanceté des hommes m’a fait ! Devenés les deffenseurs et les protecteurs de l’innocent, du pauvre et de l’orphelin tout à la fois. Faites moi rendre à ma liberté afin que je puisse travailler à la fortune de mes enfants et à leur éducation. Je souffre mille morts de me voir séparé d’eux.

Nous vivons sous un roi, le meilleur des roix. Et ses vertueux sujets sont cruellement tirannisés ! Cela est-il croiable ! Au nom de Dieu, encore, messieurs, j’embrasse vos genous. Agissés pour moi et engagés le ministre a m’entendre. J’ai des choses de la plus grande et extreme conséquence a dévoiler. Si je ne satisfais complétement en tout ce qui peut descendre en l’entendement de l’homme, je consens que l’on me mette à mort. Mais que l’on m’entende, je ne sçaurois trop le répéter. L’état, oui l’état s’y trouve intéressé. Sans quoi je crains, avec trop de fondement les désastres les plus affreux dont les suites peuvent étre horribles. Je ne puis pas m’expliquer d’avantage. Agissés pour moi, messieurs ; que l’on s’assure de ma personne. Je parlerai. Tous [7 v] seront contents.

J’ai L’honneur d’étre avec le plus profond respect Messieurs Vôtre trés humble et trés obeïssant serviteur

Blanc médecin de Marseille.

à Saint Pierre ce 29 avril 1774

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A rencontré « [i]l y a environ huit mois […] une personne douée d’un génie si supérieur » qu’il ne pouvait le concevoir auparavant. Reprend la démonstration de l’existence de Dieu que cette personne lui a enseignée. Celle-ci lui a aussi livré « la clef de l’apocalypse ». En présente certains éléments mais ne donnera « les preuves de tout ce [qu’il] avance » qu’à condition de pouvoir venir à Paris. A été déshonoré et persécuté par « [l]es esprits-forts » de Marseille. Ses sept enfants lui ont été retirés et il a été enfermé « depuis prés de deux mois » dans une maison de force à Saint-Pierre des Canons. A adressé en vain un placet au chancelier [Maupeou] et au duc de la Vrillière. Demande à l’Ads d’intervenir en sa faveur.  

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Responsable du projet : Nicolas Rieucau. Université Paris VIII.
Projet financé par l'Agence Nationale de la Recherche (ANR)
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Dernière mise à jour: mercredi 24 février 2021 (18:41) +
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